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Comprendre L'animisme

Tout savoir sur l'Animisme 

Considéré comme une philosophie et parfois une religion, l'animisme se voit de nos jours comme la forme la plus ancienne de pratique spirituelle (ésotérique) au monde. Aujourd'hui, cette forme de croyance spirituelle s'est effacée quasiment des civilisations du monde. Métaphoriquement, les peuples anciens priaient les esprits et « les choses », cette pseudo-religion vise à participer au respect du cycle de l'environnement naturel qui renvoie à la nature profonde en chaque être...

Tradition spirituelle africaine ancestrale qui malgré son ancienneté reste assez vivante, l'Animisme est perçu comme l'héritier des plus anciennes religions de l'humanité (de 50 000 ans à 100 millénaires). La croyance esprits protecteurs commence avec l'homme de Neandertal et l'homo sapiens sapiens qui inhumait ses morts selon un rituel particulier fondé sur l'intimité de l'au-delà... Ces premières religions ou courants spirituels tels que l'animisme n'étaient pas polythéistes contrairement aux idées reçues, même si des cultes sont rendus aux ancêtres divinisés et génies tutélaires. L'ensemble croit en un Dieu unique créateur de l'univers, cependant inaccessible.

Dans la vision de l'animisme, c'est dans la nature que se trouvent répandues les âmes ou force vitale avec cette croyance esprits protecteurs et qui sont à l'origine de toutes les manifestations.

Animisme


Qu'est-ce que l'animisme ou le principe de force vitale ?

L'humanité avait pris conscience dès les origines du monde du caractère inaccessible de Dieu qui ne se révélait par aucune forme, cet Absolu devait alors passer par des intermédiaires avec une représentation humaine. Ainsi naissent ces spiritualités qui ont pour concept de rapprocher ce Dieu Absolu avec les hommes. Forme traditionnelle de la spiritualité africaine, l'Animisme a livré des combats depuis des millénaires avec la religion orthodoxe et l'ethnologie qui la qualifie de « superstition » et de « religion primitive ». L'animisme est le foisonnement des croyances des hommes réunissant l'idée

  • du culte des morts et des ancêtres
  • l'âme distincte du corps
  • la croyance en un Dieu unique, aux esprits et aux divinités supérieures.

Ainsi, l'animisme est à l'origine des principales croyances religieuses de l'humanité. Les Occidentaux ont tenté d'argumenter ce sujet en ramenant le concept d'animisme à un système de pensée considérant une nature animée et chaque chose y est gouvernée par une âme (principe des phénomènes vitaux et des opérations intellectuelles). Naturalisme et Animisme considèrent alors que les objets de la nature sont « vivants » comme l'homme animé d'une âme propre, cependant la distinction doit se faire par la différence des hommes aux animaux et aux plantes par la présence d'une intériorité, de subjectivité et des intentions.

Une croyance primitive animisme ?

Comme l'Être Suprême ne peut avoir de représentation communément admise et intelligible, la croyance de l'animisme permet de représenter un monde cohérent. L'Animisme est cette conception qui voit en toute chose des sujets et non un simple objet, tous les éléments de l'univers sont dotés d'une puissance, d'une force et donc d'une âme (il faut alors se garder de dire que dans l'animisme, l'objet représente une divinité). Cette force parcourt l'univers, mais ne s'individualise pas sous forme de divinités.

Pour d'autres anthropologues, Animisme renvoie à un univers qui dépasse la religion, c'est une philosophie qui explique la conception du monde divisé en plusieurs catégories distincts par leurs attributs innés (en opposition à l'aspect culturel) et de comportements. Dans ce sens, Animisme et Totétisme qui est aussi une croyance primitive partagent le même concept. l'animisme repose sur un seul principe d'identification, l'intériorité. 


« Animus » en latin se traduit par âme ou esprit mystique qui se manifeste par les défunts dans plusieurs cultures ancestrales d'Afrique et d'Asie. Ces esprits surnaturels agissent, soit de manière répressive, soit au contraire bénéfique dans le monde des mortels. Pour bénéficier de leurs bonnes actions, les populations vouaient à ces esprits un culte de possession. Ce culte rendu aux ancêtres que l'on peut qualifier de bienfaiteur pour les vivants fait intervenir un médium à la fois devin, astrologue, thérapeute, magicien... Ce médium entré en état de transe incarne alors l'esprit invoqué, il propose des charmes qui s'inspirent des bienfaits de la nature (plantes), des révélations pour guérir par exemple par la consultation des astres. Au cours de ce rituel de possession de l'Animisme, la parole libérée se manifeste de manière joyeuse (danses, chants). Ce culte est accompli sous les jours fastes du calendrier avec un moment bien précis.

Le nom Animisme a été attribué par des occidentaux à partir du XVIII° siècle (ou avant) pour désigner cette forme de religion peu courante d'une idéologie du terme fondée sur le principe des âmes. En s'apercevant de ces rituels de l'animisme, les missionnaires occidentaux ont considéré ces pratiques comme diaboliques (lorsque les esprits maléfiques se manifestaient à travers les médiums).

Croyance spirituelle plus que religion (au sens généralement admis du terme avec des codes et une pratique orthodoxe), l'Animisme est défini comme l'attribution d'une âme à un esprit (génie protecteur), à la Nature ou aux choses (éléments naturels, les cours d'eau, les montagnes, les pierres, le vent. Cette âme constitue une force vitale qui permet d'animer tous les êtres vivants. Dans ce culte des ancêtres, ces derniers accèdent à un pouvoir surnaturel sans pourtant pouvoir prétendre être le Dieu créateur qui donne une âme en toute chose, cette divinité suprême qui existe tant dans le règne humain, animal, végétal et minéral.

Animisme et art primitif

Selon la théorie de Tylor Edward dans un livre paru en 1871 (Primitive Culture), l'animisme est la « croyance esprits protecteurs et aux âmes », cette croyance constitue la toute première forme de religion de l'humanité. Ce sociologue et anthropologue britannique va alors étudier l'origine de cette croyance en reconstituant son développement dans les sociétés primitives. Pour Tylor E., l'âme et le corps sont deux principes différents, cette différenciation peut alors s'expérimenter par les phénomènes du sommeil, de l'extase (phase de transe), mais aussi par la vision et le rêve. L'auteur parle « d'expériences psychophysiologiques », le principe de l'âme quitte provisoirement le corps, l'âme spirituelle (pensée) vagabonde se livre aux expériences des rêves alors que le corps physique (matière) s'endort. La mort est la phase de séparation de l'âme et du corps selon la croyance Animisme des plus anciennes sociétés (les primitifs ou races inférieures selon Tylor). Le corps subsiste sur terre alors que l'âme s'en va dans ce monde invisible pour se réincarner (dans le cas de bonnes actions accomplies) pour se parfaire toujours plus dans d'autres vies et espérer à terme rejoindre les ancêtres. En cas de mauvaises actions par contre, l'âme trop souillée sera plongée dans le magma des mauvaises âmes détruites.

L'âme renvoie à une idéologie d'une image humaine immatérielle, invisible et insaisissable telle une ombre ou une vapeur. D'elle se dégage la conscience personnelle et la force physique, l'âme est à la fois la cause de la vie et de la pensée, de la volonté. L'âme se déplace très rapidement, elle anime son propriétaire corporel, ancien ou actuel (corps d'animaux, d'autres êtres humains, et même d'objet), elle ne périt pas et apparait aux hommes comme un fantôme dans un état de sommeil.

Animisme


Animisme : un courant d'Afrique ?

Tout être est doté d'une âme, donc par extension d'une du principe vital cosmique en se basant sur la pensée religieuse africaine. Ce grand continent au carrefour de l'Europe et de l'Asie abritait des populations de collecteur-chasseur qui pratiquaient des rites en lien avec la nature. Le terme de société primitive renvoi à un mode de subsistance qui tient compte de la générosité de la mère nature, en ces temps de début de l'humanité l'homme ne connaissant pas encore les pratiques d'agriculture ni d'élevage. On peut ainsi assimiler le culte animisme à ce mode de vie qui se base sur les faveurs des esprits et des choses de la nature.

La religion africaine traditionnelle représente 70% des pratiquants dans le monde de ces religions très anciennes (100 millions d'adeptes). La tradition de la religion africaine est définie par Marcel Griaule (ethnologue français) comme une croyance aux forces portée par les intermédiaires entre le Dieu créateur et les hommes, un système de relations entre le monde visible des hommes avec le monde invisible régi par un Créateur et des puissances étant des manifestations de ce Dieu unique nommé différemment (génies protecteurs, esprits, ancêtres avec la notion d'ancestrisme, les défunts étant intermédiaires auprès de Dieu). Avec le naturisme, le monde vivant est le langage absolu de la religion, une série de messages divins à interpréter. Par conséquent, les événements de la vie et l'activité humaine sont liés aux saisons : dans cette spiritualité africaine d'antan n'existe pas de frontière entre sacré et profane ! La vie quotidienne est façonnée de cultes et de rites agraires, tout tient de la spiritualité. Une religion africaine se définit d'abord par la croyance en une force vitale cosmique qui est le Dieu tout puissant (qui n'est jamais vénéré ni n'a de culte) ensuite transcendé par diverses émanations ou esprits qui eux sont évoqués par des processions (Nature, ancêtres, chefs de tribu et prêtres).

Dans l'animisme comme dans toutes les religions de l'Afrique traditionnelle, les rites et les cultes permettent à cette force vitale de se vivifier et de la développer tout en la protégeant des influences du mal qui peut l'affaiblir. Pour les hommes, ce culte permet alors de favoriser les bonnes récoltes, la santé et la fécondité des espèces vivantes.

La notion de « Mal » dans ce contexte étant tout ce qui fait obstacle à l'existence et la croissance de la force cosmique, telle que le non-respect des rites et traditions, de l'ordre établi par les ancêtres, sacré et social. Parmi les symboles employés par les populations primitives se trouve tout ce qui touche au thème de la fécondité, de la continuité des origines mythiques au sein de la tribu et de la famille. Cette fécondité se rapporte non seulement au monde des femmes et des hommes, des animaux et du règne végétal. 


Entre les vivants et les morts, le lien est toujours très étroit, c'est pourquoi l'Animisme voue un culte aux esprits des défunts. L'âme de ces défunts n'accède pas tout de suite après leur mort au statut d'ancêtre divinisé, elle doit alors faire l'objet de rites, de sacrifices. Ces coutumes accompagnent le défunt dans l'au-delà avec des doubles funérailles. Du respect de ces règles établies par les dieux seront garanties la santé, fécondité et prospérité des descendants. (ancêtres immédiats Ngomas cia du Kenya qui régissent la structure sociale des Kikuyus).

L'accomplissement de rites devant des éléments naturels avec des offrandes et des sacrifices (fleuve Saloum ou le Gange, feu Vesta, pierre d'Abeokuta, chêne et gui sacrés, Hâpy ou crue du Nil) laissait penser que ces éléments avaient une âme. Fascinés, les premiers colons européens et les voyageurs disaient alors que selon la pensée des populations d'Afrique Ancienne par exemple, le terme Animisme fut attribué en raison de l'âme qui anime chaque élément. C'est pour cette raison que l'on dira alors que l'animisme est une croyance spirituelle polythéiste, alors que la réalité est que chaque culte est rendu à un unique esprit.

Cet esprit de la force vitale est localisé à un emplacement bien renseigné (mort ou enterré à cet endroit), un autel est dressé pour marquer et signaler la présence de l'esprit. Ce sont des esprits d'ancêtres héroïques ou anonymes qui ont une valeur historique au sein de la tribu, des ancêtres divinisés recueillis en des animaux. Les esprits de l'Animisme sont sédentaires ou voyagent beaucoup.

Outre les sacrifices, les descendants effectuaient des pèlerinages, des jeûnes, des prières quotidiennes, des cycles d'initiations répétés et de grandes cérémonies en l'honneur des ancêtres et des esprits tutélaires.

Culte de la nature Animisme et valeurs des sacrifices

Contrairement à l'esprit du mort, l'esprit de la nature n'a pas une personnalité propre, il est le gardien tutélaire du territoire et entretient des relations sociales avec la population qu'il protège. Ces esprits de la nature dans l'Animisme se manifestent par des phénomènes naturels, ainsi les populations anciennes assimilaient des forces comme pluie et l'esprit du tonnerre, l'esprit de la tempête et l'esprit du vent. Tous ces phénomènes sont alors des entités spirituelles que l'Esprit de la création a faites largement plus puissant que les simples mortels. Dans ce concept, l'esprit animiste peut être bon, mauvais ou même avoir une nature ambivalente. Généralement, ces esprits sont bienveillants à l'endroit des mortels, les relations sont souvent amicales, même si dans certains rares cas ces forces se montrent hostiles (lorsque la communauté a manqué à ses devoirs rituels ou a dépravé le culte établi par les ancêtres).

Une entité spirituelle a son rôle et sa place bien distincte dans la hiérarchie des relations entre terre des mortels et célestes des esprits et Dieu. Les relations entre ces entités sont codifiées avec les hommes et dans le panthéon des Esprits. Le contact se fait à l'occasion de fêtes ou de célébrations funéraires dans lesquelles l'esprit se manifeste par un état de transe (collective ou personnelle) et de possession. En Afrique, la croyance des esprits Bisimba des Zélas du Zaïre s'empare du médium pour lui dicter leurs recommandations, c'est de même le cas chez les Haoussas et les esprits Bori au Niger, au nord de Madagascar avec les esprits Tromba des tribus Sakalava. La pratique de ce culte de l' animisme est très vivante en Afrique noire, par exemple on réserve les premières parcelles de nourriture et les premières gouttes d'une boisson alcoolisée à la terre qui est le refuge des ancêtres. Des populations habitant la côte caraïbe de Colombie pratiquent ce même genre de rituel. Une offrande est donnée à la Terre mère Pachamama en région Inca. On comptait un dieu du maïs blanc, un dieu du maïs jaune, un dieu du maïs rouge, un dieu du maïs noir en Méso-Amérique.

Le soleil est l'élément naturel le plus symbolique (avec la lune et la pluie), solstice d'hiver solstice d'été par exemple chez les religions amérindiennes ; les objets de cultes antérieurs et la plupart des éléments naturels sont très présents dans les religions monothéistes abrahamiques (fête de Pessa'h attachée au calendrier lunaire qui correspond au ramadan dans la liturgie musulmane). 


Dans le culte animiste, les sacrifices et les danses sacrées sont les principales offrandes, il existe alors 4 fonctions précises des sacrifices :

  • fonction purificatrice, en désouillant des fautes et des interdits de l'âme des individus
  • fonction identitaires, c'est-à-dire qui permet à un groupe de partager des valeurs communes et surtout d'aider les individus à établir des liaisons avec leurs Ancêtres
  • fonction divinatoires en interprétant un acte passé pour expliquer la situation présente
  • fonction des rites de passage (initiation et à préservation des rites de tout individu dans une fonction nouvelle).

Par ailleurs, guerriers, héros et prêtres endossent le rôle de messagers des ancêtres et de la divinité supérieure. Ces personnages importants ont alors dévoilé aux mortels les secrets de la procréation, du feu, la culture et de l'élevage. Les sujets de la vie et de la religion tournent autour de la vie avec les rites et de la décadence (qui ne signifie pas la mort, car elle est seulement associée au néant, une étape qui précède un nouveau commencement). En Asie comme en Inde (dans l'hindouisme), le principe de réincarnation des âmes prévaut également dans la croyance africaine ancestrale (comme l'Animisme).

Animisme


Animisme : religion polythéiste ou monothéiste ?

De même, ces peuples avec une existence très éloignée de notre époque respectaient les éléments naturels dont leur survie dépendait (l'eau, la terre, les pierres, les forêts, l'énergie vitale du soleil), sans cependant y porter une adoration en tant qu'éléments. Leur croyance se basait donc sur le fait que ces éléments étaient animés par des forces surnaturelles, ce sont ces forces qui ont été divinisées et attribuées chacune à un esprit. D'ailleurs une remarque peut être formulée sur le culte des éléments naturels eux-mêmes qui n'a jamais pris dans une religion, telle que le culte rendu aux pierres ou au vent.

Dans le cas du vieux continent africain, Animisme polythéiste vénérant d'innombrables esprits et religions monothéistes sont strictement opposés, alors qu'en réalité il n'existe qu'un Dieu suprême. Malgré cela, il existe des cultes rendus aux esprits des ancêtres qui occupent la place de porte-parole, puisque le Dieu créateur est inaccessible. Le sacrifice et le rite servent à amadouer les puissances intermédiaires afin de faire parvenir les requêtes du monde des mortels vers l'au-delà. Prise dans ce sens, la notion de religion n'est point dissemblable au concept des saints du catholicisme, cette familiarité a facilité le syncrétisme entre les religions du nord et de l'Animisme (cultes afro-américains).

D'autres conceptions religieuses ont une parenté avec l'animisme :

  • Chamanisme des Amériques et de Sibérie (relation entre esprits de la nature, âmes des ancêtres et des animaux sauvages). Ces deux formes de spiritualité rapportent un haut degré entre les êtres humains avec des forces spirituelles qui régissent la vie quotidienne. Les médiums maitrisent l'ésotérisme qui leur permettant d'entrer en contact avec l'autre monde.
  • Totémisme avec l'usage d'un animal totem (analogie entre une espèce naturelle et un groupe humain), le totem étant assimilé à un ancêtre. Une tradition qui se retrouve en Afrique de l'Ouest, en Amérique du Nord et en Australie
  • Shintoïsme japonais et animisme africain partagent le culte des ancêtres, les offrandes et les pratiques rituelles sont quasi identiques (lointaine origine chamanique)
  • tradition des peuples aborigènes d'Australie
  • tradition des peuples d'Insulinde
  • tradition indochinoise Lao Theung et Lao Soung
  • tradition des Samis en Scandinavie
  • tradition des Maris de Russie (région de Kazan)
  • tradition Tengrisme, Bon, Dongba (minorités chinoises).

Avec un fondement basé sur des récits poétiques exclusivement transmis par tradition orale, l'Animisme a été fondé en Afrique avec une autre forme voisine, le Chamanisme. On trouve des traces de toutes ces premières spiritualités du monde en Afrique, mais aussi en Asie, Océanie et Amérique.

Chamanisme est une pratique formalisée par des cultes et des rites magiques qui sert avant tout à améliorer le sort des hommes. Comme le chamanisme, le Vaudou est entouré de mysticisme. Ce terme d'usage renvoie à la fois au prêtre guérisseur magicien (Chamane) pratiquant la transe ou la divination, ayant pour mission de neutraliser les esprits maléfiques incarnés sous forme animale. Le chamanisme qualifie le rite d'ascension du pratiquant, revêtu d'une forme animale avec de la fourrure et des plumes, vers le ciel pour entrer en contact avec ces esprits au rythme des danses et des tambours. La « magie » est cet art de pouvoir assujettir les forces invisibles à la volonté du chamane ou du sorcier animiste. Les puissances naturelles confèrent les premiers pouvoirs dominateurs à l'homme en entrant en contact avec elles, que ce soit des prêtres, des astrologues ou des magiciens.

L'Animisme est présent dans d'autres civilisations et religions, un syncrétisme qui suit l'évolution de ce courant d'Afrique. Cette pratique très ancienne se mélange depuis avec le christianisme et l'islam.

Vitalisme : souffle vital et force vitale

Dans l'animisme, la vision du monde englobe mythe, magie, pouvoir, religion et médecine, la mort étant un passage d'une vie à une autre puisque l'âme-souffle est indestructible. Les vivants décédés sont des ancêtres susceptibles d'intervenir pour aider les hommes et attirer les faveurs de l'Être supérieur. Sacrifices d'animaux et offrandes permettent d'entrer en contact avec les forces invisibles qui peuplent le monde visible par la descente des dieux (scènes de possession traduisant la présence du Dieu suprême en l'homme), ayant lieu lors de rites de passage et des fêtes des saisons. Ces pratiques de l'Animisme sont accomplies par des devins ayant des connaissances de l'ésotérisme transmises de génération en génération. Cette âme ou « souffle-vital voyage selon le principe de réincarnation, l'ancêtre se retrouve dans un nouveau-né, la fécondité a une portée religieuse. C'est ce que l'on dénomme des religions vitalistes, religion de la vie dont cette force vitale est le socle.

Le « Vitalisme » rassemble l'essence des religions africaines dont l'animisme, partageant des traits communs

  • religions traditionnelles
  • culte des ancêtres
  • religion associée à l'ésotérisme, la magie, le pouvoir, la médecine.

Animisme

Animisme enfantin

Selon Jean Piaget, l'animisme peut s'identifier à une « croyance spontanée des jeunes enfants pour qui tout objet étant vivant parce qu'il bouge est doué d'intentions ou d'une vie personnelle ».

L'animisme évoque pour ce spécialiste la psychologie du développement chez l'enfant âgé entre 6 à 14 ans. Des nuages qui bougent à la chaise méchante qui l'a cognée, ou à la poupée qui est son amie, l'enfant croit que ces objets sont animés. Par conséquent, l'animisme est une forme primitive de causalité par laquelle la réalité tout entière tend à être peuplée d'êtres animés. Dans la mentalité animiste comme le raisonnement chez l'enfant en bas âge, la cause première des phénomènes est rattachée à l'idée d'intention considérée comme interne aux êtres qui leur permet de s'impliquer : biocentrisme et psychocentrisme diffus). Ceci sous-entend à identifier chaque être extérieur à la notion spontanée que l'être humain se fait de lui-même comme source d'action sur la réalité extérieure. Plaget conçoit plusieurs stades de compréhension de la vie chez l'enfant en corrélation avec l'interprétation de l'animisme :

  • le stade 1 correspond à la phase dans laquelle l'enfant confond vie et activité, toute chose est vivante ;
  • au stade 2, l'enfant assimile vie et mouvement (la vie se trouve dans le mouvement)
  • durant le stade 3, l'enfant comprend que toute vie existe par son mouvement propre (être animé différents des objets) durant le stade 4, l'enfant attribue la vie aux animaux et aux plantes.

Toutefois, cette théorie de 1920 sera largement contestée dès 1932 (Johnson et Josey).

Animisme dans le monde

Dans les années 1500, des populations de chasseurs-cueilleurs peuplaient encore des régions du monde :

  • les Pygmées en Afrique équatoriale ou les Bochimans d'Afrique du Sud, Tasmaniens
  • les Aborigènes australiens de l'Australie,
  • les Aïnous au nord du Japon,
  • les Esquimaux indiens de l'Est sibérien à l'ouest de l'Amérique du Nord et au sud de l'Amérique du Sud.

Le peuplement de colons de l'Occident dans ces régions a porté un coup fatal à la population des chasseurs-cueilleurs « sauvages » et de leur pratique spirituelle considérée comme vide.

Aujourd'hui, l'animisme est vu au sens d'attachement et de la compréhension harmonieuse de la nature doit refaire surface dans le monde selon plusieurs auteurs modernes. C'est un art de vivre pour revenir à l'essentiel, l'auteur Gaston-Paul Effa délivre ce message, l'homme moderne (Occidental) « s'est coupé de lui pour se connecter au monde ». Toujours selon cet auteur d'origine camerounaise, « l'animisme ce n'est pas d'attribuer seulement une âme aux choses, mais de comprendre que chaque chose à une âme et que l'homme se doit de respecter ce partage de la vie dans un espace commun.

C'est en Afrique subsaharienne que l'on trouve les pays adoptant la tradition animiste en première ligne, dont les 11 les plus réputés, Madagascar, Côte d'Ivoire, Botswana, Bénin, Guinée-Bissau, Burkina Faso, Libéria, Zimbabwe, Togo, Mozambique, Sierra Leone. Chez d'autres régions de cette zone, l'animisme se place au second (10 pays) ou au troisième plan (14 pays), le Nigeria et l'Ouganda ne sont pas concernés dans ces pays d'Afrique de tradition animiste. Malgré l'influence européenne, l'animisme persiste encore en Afrique sous forme d'un système de pensée basé sur la mythologie. Guérisseur et médecin traditionnel sont souvent consultés, ce qui dénote clairement que les religions « importées » n'ont jamais pris racine par rapport au fondement animiste qui noue encore le cœur de beaucoup d'Africains, peuples de haute tradition.

En Amérique, le catholicisme a été mélangé avec l'animisme, ce syncrétisme a anéanti les Indiens (Amérique du Nord) ; en Asie. L'animisme est submergé par des religions ou des morales comme le Confucianisme. C'est donc en Afrique majoritairement que l'Animisme a pu conserver ses racines, dans des pays pauvres ou extrêmement pauvres. Pour certains, cette régression économique est vue comme un rapport radical avec le fondement animiste, pour d'autres, c'est au contraire un facteur lié à la mentalité. C'est une question qui demande mûre réflexion, car à priori la religion et la mentalité ou la condition de l'homme sont liées depuis toujours en Afrique. Ce premier stade de religiosité humaine d'Afrique représente une expérience vécue et non une croyance reposant sur un dogme comme le laisse entendre le mot « religion » dans d'autres civilisations.