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Comprendre le Taoïsme et ses origine

Parmi l'héritage du passé figure la discipline du Taoïsme Chine, un courant dont le principe repose sur la solidarité et l'harmonie totale entre la nature et l'homme. Voici à peu de mots près à quoi se résume cette discipline chinoise fondée principalement par Lao Tseu et basée sur le classement de textes philosophiques d'écoles à cette époque lointaine.

Entre religion et philosophie, l'enseignement de la voie (traduction du Taoïsme) est originaire de la Chine antique et fondé aux alentours du IIIe siècle av. J.-C sous la dynastie des Hans. Au cours du IIe siècle de l'ère commune, le Taoïsme deviendra une église dont le principe est de rechercher sans relâche l'équilibre et la sérénité entre la nature et l'homme... entre le Yin et le Yang !

Taoïsme

Naissance du Taoïsme Chine

Qu'est-ce que le taoïsme ? Cette question fait pénétrer dans le monde des religions, de la philosophie et même de l'art de vivre de l'empire du Milieu. La définition du taoïsme est fondamentalement plurielle, du fait d'abord que les penseurs de ce courant ont de tout temps eu des visions différentes du monde. Cependant, si sa définition est différente, son principal but ou sa finalité est d'atteindre la sagesse en suivant la voie tao ou voie de l'Absolu Dao ! Selon la spécialiste Isabelle Robinet dans son livre Histoire du taoïsme : des origines au 14e siècle, l'auteur explique que « Le taoïsme n'a jamais été une religion unifiée et a constamment été une combinaison d'enseignements fondés sur des révélations originelles diverses », c'est donc une philosophie plurielle.

« Dao » en shanghaien ou tao signifie voie, chemin ou route sous-entendue mère fondatrice de l'univers, force vitale dao, l'essence qui coule dans tout ce qui existe dans le monde et l'univers.

Dans l'histoire de la pensée chinoise, depuis la nuit des temps 3 courants majeurs ont dominé :

  • Confucianisme (école et enseignements des lettrés)
  • Taoïsme (voie de Laozi)
  • Bouddhisme (voie de Bouddha et de la libération).

L'Empereur Jaune Huangdì, premier empereur mythique, est le plus vieil ancêtre qui se réfère au taoïsme (entre -2697 et -2598), l'inventeur de la métallurgie.

« Tao » exprime l'existence d'un principe à l'origine de toute chose (principe transcendant ou Être Suprême à la source de toute vie, en accord avec la loi divine de la nature). « Tao » signifie voie ou raison derrière le principe d'Etre Supérieur, cette catégorie tao apparait sous la dynastie Han entre -206 et -220 après la rédaction des premiers textes fondateurs du courant Taoïsme. Ce mot unique exploite tous les ouvrages des bibliothèques princières et impériales. Cependant, le « Taoïsme » dérive de la sagesse de la Chine ancienne qui s'étale sur 2 500 ans d'histoire en regroupant des croyances, des textes et des auteurs...

La doctrine Lao Tseu ciment du Taoisme

Considéré comme le père fondateur du taoïsme, le sage chinois Lao Tseu (Li Er) serait miraculeusement né par le passage d'une comète ou l'ingestion d'une prune magique par sa mère : à sa naissance dans le pays de Chu du royaume des Zhou, il a déjà des cheveux et une barbe blancs (lao signifie ancien), des oreilles aux lobes très longs. On raconte qu'il était archiviste à la cour des Zhou, mais il finit par se lasser de cette vie et quitte le pays à l'âge de 60 ans pour l'ouest avec un buffle. Au cours de son voyage, Lao Tseu rédige le Livre de la Voie et de la Vertu pour Yin Xi. Ses contemporains pensent qu'il ne meurt pas d'après la légende, Lao Tseu se réincarne sous différentes formes pour transmettre le Tao. Il aurait vécu à la même époque que Confucius (entre le milieu du VIe siècle av. J.-C. et du Ve siècle av. J.-C.) qui le considère comme un maitre extraordinaire.

Son existence est remplie de légendes, Lao tseu est investi de pouvoirs surnaturels : à l'image d'une divinité chez d'autres courants, Lao Tseu est le « Seigneur suprême Lao » et l'ancêtre commun des taoïstes (sa représentation montre un vieillard à la barbe blanche parfois avec un buffle). On raconte que ce pionnier du Taoisme Chine est un contemporain de l'illustre philosophe Confucius.

Au IIIe siècle, le taoïsme religieux est confronté au développement du bouddhisme en Chine : le rapprochement se fait entre Lao Tseu parti en pays barbare et le Bouddha qui serait son incarnation (ou son élève). Avec la dynastie Tang (618-907), les empereurs firent du taoïsme la religion officielle, Lao Tseu fit honorer tout comme le Saint ancêtre Shengzu. Ce Lao Tseu de la religion Le Lao Tseu divin a une peau jaune clair, des oreilles longues avec 3 orifices chacune et de grands yeux. Il possède une bouche carrée avec des lèvres épaisses et des dents écartées, un front large avec 15 rides et la forme de la lune et du soleil. Ses paumes de mains sont marquées par 10 lignes, caractère des êtres d'élite.

Les deux supports de ce courant du Taoisme Chine sont :

  • Dao de Jing (Tao te king, -600 av. J. –C.), grand recueil d'aphorismes, aujourd'hui, le Tao To King est traduit en une multitude de langues
  • Zhuangzi ou Lie Zi (recueils de fables philosophiques présentés sous forme de dialogues).


Principes du Taoïsme Chine voie de l'Absolu Dao

Taoïsme

À partir des Han et avant le courant du bouddhisme, confucianisme et taoïsme définissent comme 2 courants rivaux, cependant ces courants partagent la même idéologie culturelle de la Chine Ancienne : la sagesse pour soi et la société.

Le Taoïsme Chine a entre autres pour principes la spontanéité et la concentration sur la résonance de la nature pour se libérer de la technique, de l'acte de réfléchir selon un modèle institué par la société. Religion et philosophie, l'enseignement de la voie s'inscrit depuis des millénaires dans la culture chinoise explique que toute chose a pour origine le tao. Aussi, ce courant du Taoisme Chine a pour fondement 3 axes :

  • le juste équilibre du Yin et du Yang
  • le naturalisme qui prône que toute cause, toute explication et toute fin des choses du monde sont naturelles
  • l'éthique de bonne action sans ordre hiérarchique (Dieu et autres puissances au-dessus des autres, par extension contraintes sociales).

Les thématiques abordées par les écrits fondateurs (« Tao To King » Lao-Tseu et « Zhuangz? » Tchouang Tseu) sont par exemple la plénitude du vide (pour se libérer des contraintes et faire du vide un état de sagesse et de plénitude), la passivité productive (ne pas gouverner l'humanité, car elle s'organise spontanément de la meilleure manière possible, l'homme ne doit pas chercher à agir), la poursuite du tao qui se base sur la voie naturelle accessible à tous les hommes par la voie du cœur et de l'esprit pour atteindre l'harmonie. En bref, le taoïsme incite la communion avec la nature et incarne des valeurs de liberté de l'individu, d'insouciance, de spontanéité. L'état naturel du monde prévaut sur la civilisation dans l'univers du Taoïsme, c'est-à-dire vivre selon les principes de l'autonomie avec les fruits de la nature, sans recourir la technique et à d'autres choses qui imitent la nature.

Autre principe majeur du taoïsme, l'immortalité, la quête suprême de tout homme qui parvient à ce stade ultime en nourrissant de manière appropriée le principe vital Tao. Cette nourriture est d'abord celle du corps (pratique des exercices de gymnastique pour mieux laisser circuler les énergies, de la sexualité, techniques de respirations, refus de la viande, des mets fermentés, des drogues, alcools, etc.).

Ensuite, elle concerne celle de l'esprit, cette seconde catégorie de nourriture plus spirituelle qui relie les bonnes actions avec le principe d'immortalité (1200 actions favorables pour devenir immortel selon le livre Le Taoïsme et les Religions chinoises d'Henri Maspero qui reprend une citation d'un alchimiste du IVe siècle).

Dans la conception du taoïsme, le cerveau droit attaché à l'idée du féminin est priorisé, tandis que l'hémisphère gauche est davantage priorisé par les sociétés occidentales. Ainsi, la réflexion telle qu'elle est prescrite chez les Occidentaux occulte en définitive la vérité que chacun porte en soi. Au contraire chez les Orientaux, cette vérité est déjà là, mais il faut tout simplement la laisser sortir et l'accueillir (contraste entre vérité artificielle et réelle). En d'autres termes, pour connaître le Tao, il faut abandonner toute connaissance et savoirs multiples pour retourner à la simplicité originelle en la cherchant de manière intuitive (par les sens par exemple), cette racine inexplicable et silencieuse de l'être.

Tao est cette chose silencieuse, mystique, invisible, inaltérable existant même avant le ciel et la terre selon Lao Tse, mère de l'univers et source d'où provient chaque chose. En tant que voie (dans le sens chemin), Tao est toujours en mouvement, insaisissable. Lao Tseu a dit que « Celui qui cherche la connaissance apprend chaque jour, celui qui cherche le Tao oublie chaque jour » (expérience avant la connaissance). Par conséquent, trouver la Voie implique d'user des moyens des paradoxes tel que décrit dans le Tao Te King afin de briser la pensée conventionnelle l'éducation et l'instruction inculquées. Ces paradoxes sont :

  • « Connaître, c'est ne pas connaître : Voilà l'excellence. Ne pas connaître, c'est connaître : Voilà l'erreur. »
  • « Celui qui sait ne parle pas. Celui qui parle ne sait pas. »
  • « La faiblesse est plus forte que la force »
  • « Le tao que l'on peut nommer n'est pas le tao ». 

Atteindre le Tao nécessite de s'installer dans la quiétude sans suivre aucune voie autre que celle de la Nature (5 sens), rester dans le rien et le non-être, ne rien chercher. L'esprit devient vaste et embrasse le ciel et la terre en une même harmonie, tout être ayant mené ce chemin à son terme devient un immortel dans la conception du Taoïsme.

Le taoïsme considère que l'univers est en perpétuelle évolution. Selon la conception du taoïsme, le monde est un, il n'existe pas d'autres mondes (l'enfer, l'Eden, le paradis), pas plus que de puissances transcendantes surnaturelles (le Dieu lumineux et bon, le diable, les ténèbres), car tout ce qui existe est une émanation du Tao (fondement de la nature). Comme le concept Feng Shui, le Taoïsme est une philosophie de vie qui recherche la joie de vivre, le bonheur, l'harmonie... Dans l'ouvrage de Lao Tseu, Tao Te King (La Voie et la Vertu), il est expliqué que rien dans l'univers n'y est conçu comme intrinsèquement mauvais, mal et bien existent tous deux et se complètent. Pour être dans la Voie (le Tao), il suffit d'être en harmonie avec l'univers, avoir le sens de l'équité. L'homme n'est jamais coupable de ses erreurs, c'est un simple élément ignorant en apprentissage, il n'est pas l'auteur du mal. Anarchistes spirituels, les taoïstes n'ont des, il n'y a pas de hiérarchie, ni de règles imposées, chaque humain est son propre maitre et responsable de son existence (sa santé, son développement social, ses relations et sa spiritualité). L'homme est seul responsable de ses paroles et de ses actes. Toute infraction aux lois naturelles entraîne des sanctions (les lois de la nature ne peuvent pas être contrôlées par l'homme, il doit faire corps avec l'univers).

Chez les taoïstes, il est essentiel de s'accepter tel que l'on est pour mener une vie harmonieuse (ne pas perdre trop d'énergie en portant toute son attention sur son apparence ou sur un masque). Il faut être authentique, fidèle à soi et avec les autres pour éviter les pièges de l'ego. Mener une vie simple dans le taoïsme, c'est ne pas gaspiller son énergie vitale dans l'excès source de déséquilibre, il faut au contraire le remplacer par la simplicité et la frugalité qui portent sur la voie de l'essentiel des êtres et des choses.

Enfin selon le taoïsme, la vie n'est qu'un jeu dans laquelle le détachement est primordial, cultiver un ego stable et non réactif. Cet égo est en proie à ses succès et ses échecs qui ne permettent pas de gérer ses émotions. La pratique de l'humilité aidant, le détachement conduit à la sagesse en voyant la beauté partout et en tout... Il faut surtout rire des choses du monde, le taoïste considère la comme un jeu en la traversant en restant lui-même, en étant responsable et à la fois attentif, détaché en jouissant de la beauté de la vie. 


Confucianisme et Taoïsme

La Chine Antique connait 2 sources majeures, d'une part le confucianisme, et d'autre part le taoïsme. Le taoïsme s'est défini par rapport au confucianisme (tendance très présente surtout à partir de la dynastie des Han), bien qu'en apparence distincte, ces deux courants fondateurs de la pensée chinoise mettent l'accent sur un objectif unique : l'atteinte de la sagesse et le Yang Sheng (ou littéralement « nourrir le vivre »), un cycle qui ne connaît ni commencement ni fin. Un trésor porté en chacun des êtres vivants. Mais seul l'être humain a la conscience de ce trésor et donc la possibilité d'agir sur ce capital initial reçu à la naissance :

  • en le renforçant par une conduite juste
  • en le faisant régresser par une conduite négligente.

Ces deux courants empruntent des chemins différents pour y parvenir : par exemple, le taoïste se retirera de la vie sociale pour mener une vie solitaire dans les montagnes afin de s'affranchir des contraintes, par opposition au confucianiste qui demeure en ville pour améliorer sa vie. Chacun de ces deux grands courants fondateurs se positionne sur l'idée que chaque être vivant est doté à sa naissance d'une durée de vie et un capital énergétique. Tout ce lot se manifeste, intérieurement, par une incarnation physique et une santé spécifique, extérieurement, par sa place dans la famille et au sein de la société. Le principe du Confucianisme considère la vie en société comme essentielle, la gestion sociale de ce capital de départ constituant la vertu d'humanité, première des préoccupations des hommes. 

Taoïsme

Yin Yang et Taoïsme

Le principe du taoïsme se base par la régulation des énergies yin et yang dans l'univers afin de régénérer le principe vital Tao, favoriser l'harmonie et la joie de vivre : le développement au niveau personnel de ce capital de départ constituant la plus grande vertu de l'homme.

Chez les taoïstes, tout ce qui existe résulte de la rencontre de l'énergie yin et de l'énergie yang, cet entrecroisement va alors déterminent le capital énergétique présent en chaque être. Cet entrecroisement des deux énergies Yin et Yang permet de comprendre l'existence du principe vital, tel que l'éclair, violent bien plus chargé de yang que la montagne plus stable chargée de yin, a besoin de leur existence réciproque pour se nourrir (l'éclair déclenche la pluie pour nourrir la montagne recouverte par la suite de verdure. Chez les humains, on attribue le principe énergétique du yang aux hommes (manifestation masculine de la sexualité par exemple), l'autre principe yin est attribué à la forme féminine. Cependant ce ne sont que des exemples, car yin et yang ne sont pas l'homme et la femme qui ne sont que des essences résultant de l'entrecroisement dont chaque sexe est porteur. On dit que la réunion des deux sexes tout comme le cas de la montagne et de l'éclair sont tous favorables pour un échange conditionné par la régulation qui a pour finalité l'augmentation de cette vitalité.

La sagesse chinoise du courant du taoïsme prescrit que l'énergie yang, naturelle chez tous les êtres vivants n'a pas besoin d'être cultivée. Au contraire de celle du yin, moins évidente, mais plus efficace, et devant être mise en œuvre, puisque cette seconde énergie est source de multiples bienfaits. Cette stratégie de l'équilibre entre yin et yang est d'autant négligée par les Occidentaux et certains Chinois. :

Le Tao de l'art d'aimer résulte d'une jouissance de chacun des partenaires au cours de l'acte sexuel, cet état est conditionné par la prise en compte des différences que chacun parvienne à cet état de plénitude. Dans cet art de la sexualité du taoïsme :

  • les enseignements s'adressent majoritairement aux hommes, la jouissance masculine yang directe et mécanique, naturelle
  • la jouissance féminine plus yin, plus mystérieuse est alors provoquée par l'homme qui va alors bénéficier des bienfaits du Tao de l'art d'aimer.

L'harmonie interne procurée par l'amour (entrecroisement yin et yang) découle de la jouissance de chacun des partenaires. Les hommes ont ainsi beaucoup plus à apprendre que les femmes dans le domaine de la régulation de la sexualité chez les taoïstes. Bien que tous les humains, hommes ou femmes, sont naturellement du côté du yang, pour des raisons bien culturelles les femmes sont plus réceptives aux conduites yin et les hommes aux conduites yang. Dans l'acte d'amour, chaque partenaire doit alors pouvoir dissocier éjaculation et jouissance (l'éjaculation chez l'homme doit suivre l'épanouissement chez la femme, la jouissance de l'homme résultant de ce plaisir conféré à la femme qui aboutit alors à la jouissance de l'homme). Afin de développer cette communion, de son côté la femme doit développer en elle sa composante yang pour émettre son essence yin vers l'homme, ce dernier doit à son tour privilégier sa composante yin pour recevoir la composante yin de la femme. Ceci conduit à un échange des essences yin et yang énergétiquement vivifiant.

Dans le taoïsme, cette voie du yin qui est une prise de position par rapport au phénomène naturel du yang permet de comprendre la gestion d'un domaine comme la sexualité afin de mieux cerner le mécanisme de régénération de la vitalité Tao. Dans le « Classique de la fille de candeur », le Su Nu Jing, lr livre expose clairement la dualité yin et yang en relation avec l'amour. Cet ouvrage qui se présente sous la forme d'un long dialogue entre, Su Nu, l'instructrice de Huang Di dans l'art d'utiliser la sexualité bien tempérée pour atteindre la longévité, l'Empereur jaune mythologique à l'origine de la nation chinoise (Huang Di). Ce livre sera repris par Jolan Chang quoi en fera un nouvel ouvrage plus moderne : Le Tao de l'art d'aimer paru en 1994. L'auteur explique que la notion de volupté est controversée chez les Occidentaux, car elle est assimilée à l'éjaculation qui représente le point suprême du plaisir masculin. Selon lui et la sagesse chinoise du Taoïsme, cette petite mort incontrôlée entraîne le sentiment tragique de fatigue, de sommeil lourd, des membres inertes et ankylosés. En comprenant le taoïsme de l'amour, l'homme va rechercher la voie de la volupté afin de satisfaire sa partenaire et vont ensemble atteindre la grande vie cosmique par la maîtrise de l'éjaculation. Il est précisé dans le Su Nu Jing que l'homme apprend l'art taoïste d'aimer déporte son plaisir à un bref moment qui conduit à de longues heures de lassitude pour le remplacer par une qui fait que son esprit s'en trouvera revigoré et son corps fortifié (la nourriture vitale). De plus, l'amour qu'il éprouve pour la femme grandit, car cette maîtrise signifie qu'il ne peut la posséder en suffisance, ce qui pousse à l'homme a recherché le plaisir vers la voie de l'infinie volupté. Dans l'ouvrage « Le Tao de l'art d'aimer », l'interlocuteur questionne si en se maitrisant, l'homme ne perd pas de son plaisir, ce à quoi le maitre répond catégoriquement non, car pendant l'éjaculation, il (l'homme) éprouve un bref instant de joie, mais il en résulte ensuite une lassitude infinie. Ce n'est pas vraiment de la volupté, si au contraire l'homme réduit et contrôle ce phénomène, il va par la suite atteindre le bonheur cosmique qui remonte à la source du Tao... 


Outils du taoïsme

Pour restaurer l'harmonie en soi et se ressourcer, il existe de nombreux « outils » privilégiés par la doctrine du Taoïsme. L'un de ces outils est le recours à la marche lente dans la nature, chaque pas est une découverte de la nature, tout en contemplant ou méditant sur les joies de la nature... Car pour beaucoup, vitesse rime avec performance, résultat, réussite, il ne faut pas tomber dans le vice de la société de consommation qui pousse à courir pour ne demander davantage. Courir, mais pourquoi ? Pour réussir sa vie, gagner de l'argent ? Pour bâtir son avenir? Dans l'idéologie du taoïsme, la vie concerne l'instant présent par lequel l'homme bâtit exclusivement son bonheur. À la fin de sa journée, l'homme est pris par un sentiment de vide, de ne rien avoir réalisé alors qu'il a couru dans tous les sens et n'a pas eu une minute pour souffler. Ce sentiment d'urgence et de la rapidité d'exécution qui alors maintiennent dans l'illusion de la satisfaction du travail accompli. C'est une partie mineure de la satisfaction, puisque cette satisfaction se veut prioritairement extérieure sans concéder au bonheur de l'intérieur de l'être. En somme, l'homme a ce sentiment chaque jour de passer à côté de l'essentiel, la réussite telle qu'elle est énoncée chez les Occidentaux ne se mesure pas à la satisfaction profonde ressentie au fond de soi, mais en calculant le nombre de choses accomplies durant une journée de travail. Ralentir, c'est prendre de la hauteur et le temps d'observer sa vie pour faire des actions à des moments clés pour soi et ceux qu'on aime. La marche dans la nature permet d'admirer ce que la nature a à nous offrir, d'avoir ce sentiment profond de n'avoir plus besoin de rien.

Taoïsme

Il est indubitable que la notion du taoïsme est très distante de la société de consommation qui privilégie ce sentiment de dépendance (désir sans cesse ou convoitise des biens matériels pour combler des manques superficiels). Ces plaisirs faciles font rentrer l'homme dans un cercle vicieux fondé sur la satisfaction brève et temporaire des besoins pour se remplacer par un log moment de frustration après quelque temps. Cette course sans fin entre désir comblé et frustration crée alors une fausse image du bonheur dont la satisfaction vient de quelque chose de l'extérieur. En appliquant une telle logique, les hommes expriment volontairement le bonheur comme un cadeau ou un bien matériel provenant de l'extérieur que l'on peut facilement se procurer. La seule vérité possible sur la joie est qu'elle vient de l'intérieur, tout homme la retrouve en redécouvrant les joies de la marche vers le Tao...

Les autres outils applicables dans le Taoïsme sont les exercices corporels Taï chi et Qi gong), le ralentissement des gestes et l'attention portée à ce que l'on entreprend. En étant justement conscient de ce que l'on fait, l'homme a conscience de qui il est et d'où il vient. Ainsi, avoir conscience de ce que l'on fait évite d'éparpiller son énergie vers toutes sortes de choses qui fatiguent inutilement. Chaque action devient plus juste, plus satisfaisante : le fait de ralentir avec chaque action bien posée amène à plus de concentration, de conscience de soi et des autres, de son environnement et finalement de la nature Tao.

Un autre outil important du Taoïsme est la méditation avec la respiration en conscience. Cet outil permet à l'homme de se focaliser sur sa véritable nature.

En Occident, le Bouddhisme venu de Chine fascine le plus, le Taoïsme et le Confucianisme demeurent assez méconnus pendant longtemps.

Cet art de vivre du taoïsme est encore largement méconnu en Occident à l'image de nombreux courants de la culture chinoise. Le taoïsme a cependant pénétré le monde occidental, mais il reste bien moins populaire que la philosophie du Yin et du Yang et le bouddhisme. Une petite communauté de maîtres taoïstes existe en France (région parisienne), également des associations taoïstes en Belgique, en Allemagne, en Espagne, en Angleterre et en Suisse. En outre, le livre de Lao-Tseu Tao To King reste difficilement traduisible, ceci limite considérablement son accès chez les Occidentaux.

Discipline de la Chine profonde existant depuis des siècles, le taoïsme qui mêle philosophie et spiritualité permet aux hommes et aux femmes de s'interroger sur le principe de leur existence, la source de leur bonheur. En effet, cette discipline qui s'inscrit dans l'art de vivre offre un voyage qui fait remonter l'humanité à ses origines, le principe du Dao à l'origine de toute chose... Une leçon qui efface les fausses valeur du bonheur, de l'amour et dont l'objectif est de nourrir le Dao (Tao).