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Le Dalaï Lama

Tout savoir sur la vie du Dalaï-lama...

Moine bouddhiste, le Dalaï-lama est un personnage important au Tibet depuis plusieurs siècles. Ce personnage mène un combat toujours pacifiste pour aider tous ceux qui le désirent à rechercher la voie du bonheur et de l'illumination (comme la vocation de Bouddha Gautama). Ainsi durant toute sa vie, il parcourt le monde avec pour seule arme son océan de sagesse...

Dalaï-lama

Qui est Dalaï-lama et Altan Khan : origine et comment le devenir ?

Moine tibétain de l'école bouddhiste Guéloupa, un Dalaï-lama est la réincarnation à l'origine du bodhisattva de la compassion. Cependant, l'origine de ce titre de Dalaï Lama est attribuée par le mongol Altan Khan au monastère de Thegchen Chonkhor la frontière mongolo-tibétaine à Sonam Gyatso le 15 mai 1578. On traduit alors ce titre par une masse de grandes quantités d'eau collectées en reconnaissant en Sonam Gyatso le chef de toutes les écoles du bouddhisme tibétain. Terme mongol, « Dalaï » veut dire alors océan ou mer équivalent de gyatso en tibétain ; Lama est le mot honorifique tibétain pour désigner les maîtres du bouddhisme réincarnés.

Plus haut chef spirituel au Tibet, le dalaï-lama ou « océan de sagesse » bénéficie de la reconnaissance suprême de tout le peuple (du courant bouddhiste). Ainsi, on le considère dans ce pays comme étant l'émanation du bodhisattva de la compassion Avalokiteshvara (le plus vénéré et le plus populaire chez les pratiquants du bouddhisme du Grand véhicule), à ce titre il a une autorité importante d'autant plus qu'il représente le gouvernement du Tibet en étant aussi le chef politique.

Ce bodhisattva de la compassion est personnifié au Tibet depuis le règne de Songtsen Gampo qui fut l'héritier de la dynastie Yarlung (33e souverain succédant à son père mort en 618 et régnera durant une quinzaine d'années, en 633 alors exécuté pour être accusé de trahison) à la longue lignée de dalaï-lama, tous considéré comme des émanations. Dans l'histoire du Tibet et particulièrement dans le bouddhisme, la succession (réincarnation tulkou) de la lignée de Dalaï-Lama. Chaque Dalaï-Lama est alors considéré comme la réincarnation du précédent.

Le premier Dalaï-lama Gedun Drub est le fondateur d'un pouvoir dans la région de Tsang au Tibet soutenu par le peuple, il vit entre 1391 et 1474 ; son successeur Gedun Gyatso est l'abbé du monastère de Drépung et va construire le monastère de Chorgyal au Tibet du Sud. Ce 2d Dalaï-lama dont son existence va de 1475 à 1542 est celui qui va définir le système d'identification du dalaï-lama grâce aux visions à percevoir dans le lac de Palden Lhamo. L'étendue de son pouvoir couvre le Tibet central et le Tibet du Sud, ce qui va permettre à son successeur de convertit les Mongols au bouddhisme.

Sonam Gyatso est le troisième dalaï-lama (1543-1588), lui aussi abbé de Drépung recevra le titre de dalaï-lama le 15 mai 1578 du Mongol dzoungar Altan Khan avec un pouvoir centré sur la religion (au Tibet et dans tout l'Empire mongol). Petit-fils mongol du général Altan Khan, Yonten Gyatso est le quatrième dalaï-lama (entre 1589 et 1616). C'est avec ce 4e dalaï-lama que voit le jour le titre de panchen-lama (accordé à son tuteur Lobsang Chökyi Gyaltsen).

Dalaï-lama

La longue lignée Gyatso ou premier Dalaî-Lama au 14ème 

Souverain du Tibet proclamé par le chef des Mongols Gushi Khan vers 1642, Lobsang Gyatso devient le cinquième dalaï-lama et possède le pouvoir temporel de gouvernance sur tout son pays avec les régents mongols. Celui-ci a sa propre résidence Potala basée à Lhassa qui est aussi le siège de son gouvernement. Grâce à son pouvoir politique indépendant, le Grand Cinquième va contribuer à l'unification du Tibet en une nation.

Sixième dalaï-lama ayant vécu entre 1683 et 1706, Tsangyang Gyatso succède le cinquième au palais du Potala vers la fin de l'année 1697, il rejette ses devoirs spirituels et renonce à ses vœux monastiques et non à son pouvoir temporel. Cette attitude va amener le régent mongol Lkhazang Khan a défaire le Tibet de ce dalaï-lama en l'exilant en Chine. Le régent va désigner un digne successeur au Potala, néanmoins selon la tradition, les religieux auraient découvert dans le Kham la véritable réincarnation du Cinquième. Contraint par l'authenticité de cette identité, l'Empereur Kangxi va user de son influence pour utiliser le système des réincarnations à son avantage. Kelzang Gyatso est le septième dalaï-lama, roi du Tibet de 1751 à 1757 est chassé du pouvoir par les Mongols DzoungarsOïrats et font assassiner Lkhazang Khan (ou emprisonné selon d'autres sources). Ils pillent la capitale Lhassa et la résidence du Dalaï-lama. Plus tard, les Mandchous reprennent Lhassa aux mains des Dzoungars et remettent en place le pouvoir.

Jamphel Gyatso est désigné comme huitième dalaï-lama bien que le gouvernement soit dirigé par deux régents. Quant au neuvième dalaï-lama Lungtok Gyatso, celui-ci meurt à 9 ans (1806-1815) et sera remplacé au pouvoir par le régent Kundeling I de 1789 à 1810, puis par un autre Demo II entre 1811 à 1819.

Cette vague de règne de courte durée se perpétue avec le dixième dalaï-lama Tsultrim Gyatso mort à l'âge de 21 ans (il ne règne même pas) : le pouvoir est alors remis au régent Demo II jusqu'en 1819 ensuite à Tsemoling II de 1819 à 1844 ; ceci prévaut avec Khendrup Gyatso onzième dalaï-lama mort à 18 ans (le pouvoir remis à Reting I et à Shatra jusqu'en 1864). Le régent Ditru prend le pouvoir de 1864 à 1872 et sera relayé pendant deux années par le douzième dalaï-lama Trinley Gyatso (1873 – 1875). Le Grand Treizième (13e dalaï-lama) Thubten Gyatso est intronisé en 1879. Celui-ci va hériter du pouvoir laissé par le régent Demo III et va régner sur le Tibet pendant près de 40 années (entre 1895 à 1933). Celui-ci se démarque par l'abolition de la peine de mort au Tibet. Il devra fuir son pays en 1904 pour s'établir en en Mongolie et après dans l'Amdo avant de retrouver son trône en 1909 (invasion de la force expéditionnaire britannique). Le Grand Treizième devra de nouveau quitter son Potala au Tibet pour rejoindre l'Inde britannique en 1910 (invasion des troupes du gouvernement impérial de Chine). Après la chute de l'empire Qing, le dalaï-lama retrouve son pays en 1913 et va procéder à une série de réformes (domaines de la justice, de l'armée, de l'administration, de l'enseignement et de la médecine). Sous son gouvernement et grâce à la faveur de la République Populaire de Chine, la relation s'estompe entre empereur et dalaï-lama, ce dalaï-lama proclame alors l'indépendance du Tibet. 

Qui est le quatorzième Dalaï-lama ?

Quatorzième Dalaï-lama

Tenzin Gyatso de son nom de réincarnation est né le 6 juillet 1935 (sous le nom de Lhamo Thondup) au village de Taktser dans la province de l'Amdo dans une famille de paysans de 16 enfants. Lhamo Thondup âgé de deux ans est reconnu pour être une émanation du 13e dalaï-lama par la tradition des réincarnations au lac de Lhamo-Latso (avec les visions du régent Réting Rinpoché). Il quitte le monastère de Kumbum à quatre ans et sera officiellement proclamé le 23 août 1939 quatorzième Dalaï-lama. Il reçoit ainsi le nom bouddhiste de Saint Seigneur, Douce Gloire, Compatissant, Défenseur de la Foi, Océan de Sagesse » (Jetsün Jampal Ngawang Lobsang Yéshé Tenzin Gyatso Sisum Wangyur Tsungpa Mepé Dé). Le 22 février 1940, le très jeune dalaï-lama âgé de 4 ans s'installe officiellement dans sa résidence au palais du Potala. >Au cours de son éducation monastique, le 14e dalaï-lama apprend la poésie, la musique, l'art dramatique et la médecine. Plus tard, il va apprendre l'écriture, l'orthographe, la grammaire, puis à être investigateur de débats philosophiques à 14 ans. Vers l'âge de 15 ans, le dalaï-lama se lança dans l'initiation tantrique avec des expériences de joies et de paix que cet enseignement lui procurait en ressentant une gratitude envers le Bouddha et les autres maitres spirituels indiens qui les transmirent aux Tibétains.

Il existe une anecdote qui raconte la prise de conscience Lhamo Thondup alors enfant : âgé de 5 ans, il insista auprès de sa mère pour se rendre dans un bâtiment construit par le treizième dalaï-lama. En accourant vers un placard fermé, l'enfant réclama ses dents qui, une fois le placard ouvert était effectivement dedans.

D'abord un moine de l'école bouddhiste Guéloupa, il sera intronisé à la fois chef temporel et spirituel le 17 novembre 1950. Neuf ans après, il doit s'exiler en Inde du fait de l'invasion de l'armée populaire de libération de Mao Zedong, entretemps en 1951 à Pékin un accord est convenu sur la libération pacifique du Tibet (accord en 17 points), ce qui marque le retour du Tibet sous la souveraineté de la République populaire de Chine. Le Dalaï-lama met sur pied de l'Inde le gouvernement tibétain et le dirige en exil jusqu'en 2011 après l'instauration de la démocratie tibétaine. Sur le plan politique, le 14e dalaï-lama plaide jusqu'en 1973 pour l'indépendance du Tibet et une autonomie réelle à l'intérieur de la Chine. En 1989, le dernier Dalaï-lama reçoit le prix Nobel de la paix en œuvrant sans relâche par la non-violence, selon le Comité Nobel norvégien, au conflit opposant la Chine et le Tibet.

Tenzin Gyatso vit désormais depuis un demi-siècle à Dharamsala avec le statut de plus haut chef spirituel du bouddhisme tibétain et comme émanation du bodhisattva Tchenrézi (divinité de méditation de la compassion universelle célèbre à travers les six syllabes) dans son pays natal.

Le Dalaï-lama fait partie à cinq reprises des 100 personnes les plus influentes spirituellement au monde établi du magazine Time (premier en 2008). En tant que chef spirituel, le dalaï-lama aide son prochain à repenser aux évènements qui arrivent dans sa vie avec un certain recul sous un angle de réflexion spirituel, mais aussi simple.

Le dernier dalaï-lama

Dalaï-lama

Devenu célèbre pour son combat pour la liberté des Tibétains, Tenzin Gyatso reflète pour le monde entier le sens même de son titre Océan de sagesse. Il représente au Tibet le pouvoir temporel et l'autorité spirituelle, parmi ses citations on peut citer :

  • « Si tu veux connaître quelqu'un n'écoute pas ce qu'il dit, mais regarde ce qu'il fait »
  • « On peut se passer de religion mais pas d'amour ni de compassion »
  • « La faculté de se mettre dans la peau des autres et de réfléchir à la manière dont on agirait à leur place est très utile si on veut apprendre à aimer quelqu'un »
  • « Le vrai bonheur ne dépend d'aucun être, d'aucun objet extérieur. Il ne dépend que de nous... »
  • « La sensation d'être heureux ou malheureux dépend rarement de notre état dans l'absolu, mais de notre perception de la situation, de notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons »
  • « Il n'y a personne qui soit né sous une mauvaise étoile, il n'y a que des gens qui ne savent pas lire le ciel »
  • « Je crois que toute souffrance est causée par l'ignorance. Des gens provoquent la douleur d'autres dans la poursuite égoïste de leur bonheur ou de leur satisfaction. Pourtant, le vrai bonheur vient d'un sentiment de paix intérieure et du contentement, qui à son tour doit être atteint grâce à la culture de l'altruisme, à l'amour, la compassion et à l'élimination de l'ignorance, de l'égoïsme et de la cupidité »
  • « Nul besoin de temples, nul besoin de philosophies compliquées. Notre cerveau et notre cœur sont nos temples »
  • « C'est en parvenant à nos fins par l'effort, en étant prêt à faire le sacrifice de profits immédiats en faveur du bien-être d'autrui à long terme, que nous parviendrons au bonheur caractérisé par la paix et le contentement authentique »
  • « Si nous devenions violents, nous n'aurions plus rien à défendre »
  • « L'apaisement réside en chacun de nous »
  • « Il n'importe pas qu'un être soit croyant ou non : il est plus important qu'il soit bon »
  • « Notre but principal dans la vie est d'aider les autres. Et si vous ne pouvez pas les aider, essayez au moins ne pas les blesser »
  • « Le bonheur n'est pas quelque chose d'acquis. Il vient par nos propres actions »
  • « C'est ma religion, elle est simple. Il n'y a pas besoin de temples, pas besoin de philosophie compliquée. Notre propre cerveau, notre propre cœur est notre temple, la philosophie est la bonté »
  • « L'Amour et la compassion sont des nécessités, pas un luxe. Sans eux, l'humanité ne peut pas survivre »
  • « Les vieux amis s'en vont, de nouveaux amis apparaissent. C'est juste comme les jours. Un vieux jour passe, un nouveau jour arrive. L'important est de le rendre significatif : un véritable ami ou un jour qui ait du sens »
  • « Si vous voulez que les autres soient heureux, pratiquez la compassion. Si vous voulez être heureux, pratiquez la compassion »
  • « Je trouve de l'espoir dans le plus sombre des jours, et me concentre sur le plus brillant. Je ne juge pas l'univers »
  • « Si vous avez une foi ou une religion particulière, c'est une bonne chose. Mais vous pouvez survivre sans elle »
  • « Le but de notre vie est d'être heureux »
  • « Parfois, on crée une impression dynamique en disant quelque chose, et parfois on en crée une aussi importante en gardant le silence »
  • « Aujourd'hui, plus que jamais, la vie doit être caractérisée par un sens de la responsabilité universel, non seulement de nation à nation et d'homme à homme, mais aussi d'humain à d'autres formes de vie »
  • « La meilleure façon de résoudre n'importe quel problème dans le monde humain est de faire s'asseoir toutes les parties et de parler »
  • « Partagez votre savoir. C'est une façon d'accéder à l'immortalité »
  • « Le sommeil est la meilleure méditation »
  • « Regardez les situations sous tous les angles, et vous deviendrez plus ouverts »
  • « Le monde appartient à l'humanité, non pas un chef, que ce soit un roi, un prince ou un chef religieux. Le monde appartient à l'humanité »
  • « L'important pour les hommes est d'avoir un but dans la vie. Ce but devrait être quelque chose d'utile, quelque chose de bon »
  • « L'apparence est quelque chose d'absolu, mais la réalité n'est pas comme ça – tout est interdépendant, pas absolu »
  • « J'ai toujours eu ce point de vue sur le système d'éducation moderne: nous prêtons attention au développement du cerveau, mais prenons le développement de la bonté pour acquis »
  • « Quand vous êtes face à un problème, nul besoin d'en faire une montagne de douleur : Soit il y a une solution et vous finirez bien par la trouver. Soit il n'y a aucune solution et dans ce cas rien ne sert de vous torturer »
  • « Le désarmement extérieur passe par le désarmement intérieur. Le seul vrai garant de la paix est en soi »
  • « Un ennemi acquit sans effort, c'est un trésor surgi dans la maison ; il doit m'être cher, cet auxiliaire de ma carrière spirituelle »
  • « C'est vrai, les femmes ont un rôle particulièrement important à jouer dans le développement de la sensibilité humaine, de la compassion, de la non-violence qui sont encore très largement sous-développée au XXIe siècle dans les sociétés modernes où l'accent est mis sur l'excellence académique et intellectuelle plutôt que sur le développement de qualités humaines telles que la compassion, la tolérance »
  • « Le bonheur se distingue du plaisir : ce dernier n'est pas lié au sentiment de l'existence, on ne s'y oublie pas en tant qu'être singulier. Ici se loge la deuxième raison qui peut expliquer la rareté de ce bonheur en littérature »
  • « Avec la réalisation de son potentiel et la confiance en ses capacités, on peut bâtir un monde meilleur »
  • « Les seules vraies erreurs sont celles que nous commettons à répétition. Les autres sont des occasions d'apprentissage »
  • « Le besoin d'amour est le fondement qui nous lie les uns aux autres. Si doué et si habile que soit un individu donné, il ne peut survivre seul »
  • « Rappelez-vous que le fait de ne pas obtenir ce que vous désirez est parfois un merveilleux coup de chance »
  • « J'appelle l'amour et la compassion une religion universelle. Telle est ma religion ».

Souvent l'invité d'honneur des institutions et personnalités, le Dalaï-lama est annoncé comme le dernier porteur de ce titre (rumeur lancée à la fin des années 1970 par Glenn H. Mullin et appuyée par l'ouvrage Le Dernier Dalaï-Lama de Michael Harris Goodman en 1986). Néanmoins, il précise que si dans le monde la souffrance perdure, le dalaî-lama je reviendra par ses renaissances...