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Les masques javanais du Wayang Topeng : histoire entre danseur et masque

La danse, le mouvement, les esprits, le spectacle : c’est tout cela que symbolise les masques javanais du Wayang Topeng. A première vue, ce que l’on remarque pour un non initié, c’est une figure aux traits caractéristiques de la culture indonésienne : des formes humaines parfois exagérées, des symboliques…

Mais cette tradition remonte au XVIIème siècle à Bali, enjolivant danse, musique et théâtre. Le masque est fondamental dans ce genre de spectacle car il est lié aux cultes des ancêtres, l’acteur-danseur est envoûté par le masque au rythme de la danse et de pantomime. Plusieurs siècles plus tard, c’est au tour de Java d’accueillir le folklore du Topeng

La danse masquée du Wayang Topeng

Du royaume de Majapahit

Le masque représente une forme d’art dansé. Ainsi depuis des temps reculés (on estime au XIème siècle) avec le roi Airlangga et sa lignée qui créèrent une nouvelle forme d’art : le wayang Wong et orang, théâtre d’homme et de femme remplaçant l’ancestral théâtre d’ombres. 

Ultérieurement, ce spectacle donna naissance au wayang Topeng incluant des masques.
Le masque dansé aurait été très populaire au royaume de Majapahit avec son roi Haram Wuruk. La danse masquée est la transformation de la danse de cour classique (4 palaces Surabaya et Yogyakarta). Le wayang Topeng conserve son statut de danse de cour avec ses chorégraphies, ses règles musicales tout en sortant peu à peu de la cour.

De source non confirmée, le premier masque javanais Wayang aurait été inventé par Sunan Kali Jaga. De cette époque, les techniques de fabrication du masque étaient rudimentaires, peu de couleurs (noir et rouge), sans ornements ni diadèmes : ce furent les masques dits « Gayaman ». A l’origine, ces masques étaient en bois léger (de préférence bois de menlaos, kwéni, gayam, pelem).

Plus tard on y ajouta des diadèmes, des coiffures et des moustaches avec l’intervention de Robyong (époque de Kartasura). Sous le règne de Paku Buwana, entre 1787 et 1820, Pangeran Arya Singasari affine la technique de fabrication avec par exemple des moustaches bien rangées. Cet artiste sculpta une nouvelle série de masques avec des diadèmes en haut-relief avec des ciselures au détail ajouré, incrustés de pierres précieuses. Si le premier sculpteur n’avait produit que 9 masques dont un roi, une princesse Sarag, Panji, Gunungsari, Andanga, Klana, Pentul, Blancir, un géant, une vingtaine de masques supplémentaires furent produits avec les évolutions des techniques de fabrication.

Le sculpteur détache du bois brut un morceau aux proportions d’un visage, le travail à la gauge pour creuser la partie interne. Il ébauche ensuite les formes du visage, le nez, la bouche, oreilles, yeux, fignole les détails comme les sourcils, les cheveux avant de creuser les ouvertures (narines, yeux, bouche). Le masque est poli avec des feuilles de rempelas et du bambu wuluh. Enfin, on peint le masque javanais.

Masque javanais du wayang topeng

Les personnages figurés et les masques du Wayang Topeng de java

C’est dans la mythologie d’Indonésie que les scénarios du spectacle de masque prennent leurs sources : les plus célèbres demeurant le Mahabarata et le Ramayana.
30 masques en moyenne sont présentés et chaque masque à son importance : des rois et reines à leurs serviteurs en passant par les paysans, les personnages comiques, les ancêtres, dieux ou encore animaux. Le théâtre et les scénarios sont bien organisés de manière à faire comprendre au public l’histoire contée.
Pour avoir quelques points de repères, les masques Wayang comportent des signes caractéristiques :

  • le violet est réservé aux masques de personnages durs, violents
  • traits de visage déformés volontairement pour caricaturer certains personnages du peuple infirmes (mentalement et physiquement), ce sont les masques comiques des Bondres. Leurs plaisanteries et leur maladresse font rire le public
  • des masques rouges (ou tonalité foncée) renvoient à des personnages valeureux et courageux
  • couleurs sombres précisent l’appartenance du masque à une caste avec de grands pouvoirs (mais pas forcément diaboliques) ; par exemple le dieu Hanuman, maître des singes dans le Ramayana  
  • les méchants sont symbolisés par des masques aux traits grossiers
  • traits fins, couleur blanche, niveau élevé des détails indiquent clairement l’appartenance du masque aux groupes de la caste supérieure, les gentils.

Danseur et masque 

A Java, le spectacle de Wayang Topeng évoque à la fois la danse masquée, mais aussi le figurant et son masque qui ne font plus qu’un. Au cours de sa vie, le danseur ou acteur s’entraîne à devenir le personnage du masque qu’il représente. En général, on retrouve représenté les personnages aux pouvoirs surnaturels, des rois et des princes javanais hindouistes, des conquérants, d’anciens héros inspirés de la tradition javanaise, etc. Le masque et le danseur ne peuvent exister que l’un par rapport à l’autre.

Présentation de la danse masquée Wayang Topeng

Wayang Topeng : histoire entre danseur et masque

Le masque de java présenté dans un spectacle de danse exécute des scènes et pas obligatoires selon le personnage endossé et sa caste. Dans une représentation de danse de masque javanais, il existe 9 mouvements de base et 12 autres qui viennent s’ajouter à la danse de cour javanaise classique.
Si le danseur masqué doit au cours de sa longue formation, savoir représenter l’être qu’il anime, il doit ainsi être en symbiose avec le musicien ou l’orchestre Gamelan. Avec ses mouvements de pas mesurés, ses mimiques, le masque javanais parle sans intermédiaire. Le spectacle du masque met en scène un danseur et un musicien jouant l’un et l’autre avec les points de repères cycliques du gong pour animer la scène.