Artisanat et antiquités d'Asie
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Masques primitifs Himalaya

Le masque primitif ou tribal est véritablement une oeuvre d’art de par sa beauté mystérieuse, leur forme peu commune et leur signification profonde. Les masques dès l’Himalaya comme d’autres masques primitifs sont créés par la libre imagination des hommes, ils y mettent alors leur croyance spirituelle (présence d’esprit, de forces naturelles) et leurs sentiments instinctifs. Parfois, on assimile ces masques primitifs à l’animisme ou au culte des chamanes, des cultes et rites qui précèdent les premières formes de spiritualité et de religion…

Le masque primitif quelque peu anthropomorphe a cette particularité de communiquer avec son observateur, un langage intemporel dans une symbolique commune à des civilisations. Masque muet, on trouve par le génie des sculpteurs l’expression même de la crainte, de la peur, de la joie ou de la colère. Ici, seuls l’imagination de l’artiste sculpteur et son art manuel sont les outils pour donner vie aux masques de divinités.

Le masque primitif du Népal dégage une idée de surréalisme avec des traits grossiers et une technique de sculpture laissant apparaître des traits exagérés, tantôt ce même masque est frappant de réalisme : dans cette longue liste de masques, on retrouve celui avec des traces de polychromie ou de couleur unique (rouge, bleu, argile), avec une bouche grande ouverte, rectangulaire ou carrée, vide ou avec des dents en bois, os, métal. Des yeux écarquillés ou collés au renfoncement du front, exorbités, cheveux et moustache en peau de yack, en corde ou en peau de sanglier avec parfois un traitement en frange ou juste ébouriffé, le front ridé. A travers ces petits détails, l’artisan fait resurgir alors un sentiment de colère, de tristesse ou de crainte, de joie sur un visage de héros, de dieux, de prince ou de princesse ou encore d’animal.


Masques primitifs et légendes de l’Himalaya

Masque de tête de mort animiste, masque protecteur de tête de chamane, tête de Guru Rinpoché, masque de cheval, ancien singe Hanuman, oiseau en bois, masque Bon Yakmasque Newar, masque tête de chèvre… Au Népal comme au Tibet, le masque des anciens reprend des scènes de la vie (chasse, exorcisme, protection) dans les temps les plus reculés. Le masque n’a pas juste cette fonction d’ornement ni de déguisement que l’on attribue à cet objet lors de fêtes, le masque fait partie de la communauté et constituait alors un être symbolique à part. Porté par certains grands chamanes, le masque népalais révélait la puissance et l’existence des âmes des anciens, des esprits et des divinités.

Dans la préhistoire, les hommes avaient pour coutume de porter des masques d’animaux sauvages et mythologiques lors de rites de chasse, de guérison, ou de charme et de malédiction. Néanmoins, il est difficile aujourd’hui de définir avec exactitude quels sont les objectifs de ces masques primitifs. Souvent, ce sont les maîtres chamanes qui se chargent d’élaborer les masques primitifs : ces sorciers dans une tribu possèdent des connaissances sur les rites de passage de pouvoirs et des caractères propres aux âmes des ancêtres et des esprits vers les masques primitifs. Des scènes de transes sont très communes lors de ces manifestations de ces esprits de l’au-delà qui habitent alors les masques primitifs… On trouve alors des masques primitifs de l’Himalaya dans les régions voisines des plaines basses indiennes, masques tribaux indiens Bhugas (région du Teraï) jusqu’au nord, de l’Afrique ou des Amériques, Indonésie et Asie (masques en terre cuite Jomon Japon). Ces masques primitifs tribaux à la patine quasi inimitable évoquent des traits, des formes et des symboles qui rappellent des visages touchés d’émerveillement, de grande douleur ou de colère. Les chamans portaient aussi ces masques lors de rites de divination pour ouvrir la chasse.

D’autre part, on peut noter également que les sorciers du village combattaient les forces nuisibles et les démons, les masques servaient alors dans ce cas à représenter physiquement ces démons transformés en objets de dévotion ou en alcool. Dans les cultes traditionnels, on place toujours des masques des divinités protectrices pour contrôler ces démons. Ces masques primitifs d’ancêtres, de créatures extraordinaires et de chamans, difformes et sauvages, ornés de dents ou de poils, barrés de cicatrices, sont issus de croyances en des forces de la nature et des choses. Les territoires de ces masques sont situés entre l’Inde et la Chine. Les masques des divinités sont frappés de l’interprétation des croyances locales qui existaient avant toute forme de religiosité (hindouisme et bouddhisme). Cette notion de pouvoir et de beauté est rattachée à l’origine lointaine et la signification imprécise de l’oeuvre qui est le seul fruit de la libre expression de l’artiste dans le respect de la transmission ancestrale sans la contrainte des règles canoniques. Plus tard, on retrouve ces mêmes masques primitifs plus élaborés dans les spectacles de cours royal, les danses masquées de Java ou de Bali en Indonésie en sont des exemples. Dans ces représentations, les masques servent à présenter au public des personnages mythiques et des héros légendaires avec d’autres exploits de dieux.

L’arrivée de la première forme de religion vient se confondre avec le rite des masques, Bon, Hindouiste et Bouddhiste pour transmettre le message des dieux de ces religions. Le masque de spectacle sert ainsi de support pour expliquer aux hommes la volonté des esprits et des dieux (hindouisme, Bön avec les nats). En conséquence, le masque d’un spectacle s’enrichit de personnages issus de légendes, les monstres aux dets longues avec des yeux exorbités et des créatures célestes sont rejoints par d’autres divinités : la fête Durga Dasain au Népal est une fête religieuse hindouiste célébrant la déesse Durga. A cette occasion, on porte alors des masques à son effigie et tous les personnages contenus dans les légendes sur les dieux de l’hindouisme. Ce caractère terrible n’est pas perçu comme mauvais, dans la mesure où le masque accroché aux portes des maisons est placé là pour éloigner les mauvais esprits.

Les masques tribaux népalais de l’Himalaya : des pouvoirs insoupçonnés

Au Népal dans l’Himalaya, le masque primitif est imprégné de mythes, d’histoires sacrées, il se retrouve aussi bien dans le temple qu’au domicile des Népalais. On retrouve la majorité de ces masques tribaux sacrés dans la vallée de Kathmandou, les masques sont en papier mâché ou en plâtre , en argile ou en bois, incluant des pierres semi-précieuses. Le masque népalais est toujours fabriqué artisanalement et peint à la main, le sculpteur hérite d’une longue tradition qui mélange histoire et secret de fabrication de ces masques anciens habités de pouvoir.

De cette bouche grande ouverte et ces orbites vides affligées se dégagent plusieurs sentiments, tandis que les masques muets laissent libre cours à l’imagination. Le Népal, longtemps écarté de la civilisation Occidentale a gardé intact sa tradition des masques en bois patiné par le temps. Dans les sociétés primitives de l’Himalaya, on retrouve ces masques abstraits fabriqués dans une simple planche de bois ou même laissés au hasard du prodige de la nature comme pour signaler les oeuvres parfaites des dieux. Ainsi, la croyance népalaise et tibétaine assignent à ces masques primitifs des symboles de puissance gardés éternels… Il existe trois grandes catégories de ces masques primitifs népalais :

  • Masque de sorcier Chamane pour protéger et guérir les individus d’un même clan ;
  • Masque d'ancêtre (rituels funéraires)
  • Masque de pantomime (transes et spectacles pour maintenir le lien social autour des mythes).

Ces masques très anciens de l’Himalaya ont des formes simples d’où se dégagent une expression ambiguë, traits grossiers au caractère frappant, grave, entre la dérision et l’effroi. Sur scène, le masque primitif népalais provoque l’euphorie au sein de la foule, car le visage des ancêtres ou des pantomimes apporte et rappelle les récits mythiques de tout un peuple.

Légende des peuples de l’Himalaya et masques du Népal

Population de l’Himalaya oriental, la tribu de Rai a une légende riche connue des chamanes dont le port de masque est exclusivement réservé aux hommes (sauf lors de mariages cérémonie Jantijanu). Cette légende raconte qu’un vieil homme marchand du nom de Satya Yuga décida de marier ses 3 fils. Peu de temps après les festivités, les 3 maris et leur père devaient partir en voyage pour leur commerce. Les trois femmes avaient alors attendu patiemment leurs maris qui étaient devenus vieux. Pour tester la fidélité de leurs épouses, ils décidèrent de porter un masque, se présentèrent à la porte du foyer avec des cadeaux pleins les bras tout en jouant de la Madal. Mais ces 3 femmes ne renonçant pas à leur engagement décidèrent de ne pas céder. La plus jeune femme reconnut la voix de son époux, chacun des couples fut ému. Les mariés s’enlacèrent avant de s’échanger de longs baisers langoureux…Au népal, pays influencé par le bouddhisme et l’hindouisme, les habitants sont passionnés des danses masquées : Tihar où  les cinq jours de Yama Dieu de la mort sont célébrés après le culte de Krishna et de la déesse Sarasvati. A cette occassion, les garçons portent des masques féminins Maruni, c’est un spectacle de masque dansé accompagné par des flûtes et des cymbales. Au cours de la première journée du festival avec les masques népalais de Tihar, un messager du dieu de la mort défile dans les rues, c’est au tour du chien de Yama de défiler le second jour de Tihar. A la fin du festival, les Népalais allument des lampes en hommage à la déesse Laximi. Des personnages avec des masques de clowns défilent dans les rues de la ville. Les masques népalais primitifs considérés comme un symbole de bon augure, de protection et de prospérité. Avec un usage fréquent au cours des rites de sanctification, le masque devient particulièrement un témoin symbolique vers le passé et a la continuité de la tradition, un objet de commémoration, de prospérité et de fertilité.Ainsi, des villages ou des familles conservent précieusement ces masques primitifs népalais sur plusieurs siècles.


Autre population de la vallée de l’Himalaya, les Kham Magard de l’Ouest, peuple groupe mongoloïde, habitent dans les collines Mahabharat. Dans ces régiopns, le masque représente des démons et des clowns Magar : le masque népalais représente un yogi ou saddhu, le visage d’un homme errant avec des cheveux entremêlés et un chignon ou nœud. C’est un masque en bois de yogi de l'Himalaya, du Népal au Sud du Terai. La représentation de ce yogi affirme le caractère sage avec un terrible pouvoir, mais aussi ce côté ascète du yogi (mendiant). Sur scène, le masque de yogi Magar est porté par un acteur masqué équipé d'un trident et d'un bol pour les offrandes. L'acteur porte des vêtements de pauvre et s'interdit de manger de la viande ou boire de l'alcool dans son rôle de Yogi.

Le masque en bois sacré de Magar du Népal est fabriqué de manière très élaboré avec des dents en os ou en métal, des chevilles de bois servant à fixer les cheveux du masque. Ce masque acquiert souvent une patine noire brillante (masque noirci par de nombreuses années d'exposition à la fumée d'un foyer). C’est souvent un masque entreposé plutôt dans une maison que dans un temple local.

Réalisation artisanale du masque népalais

Généralement, on réalise le masque traditionnel népalais avec pour principal support de l’argile additionné de coton ; l’artisan travaille la matière à la main en l'aplatissant au sol, puis avec un tube en métal. La pâte obtenue est entreposée à l’intérieur d’un moule, l’artisan appuyé avec ses mains sur les formes du visage à donner à la pâte d’argile et de coton, il supprime ou ajoute par petite quantité la pâte du masque népalais. La pâte durcit en séchant à l’air libre. Ensuite, on applique du plâtre que l’on recouvre de feuille de papier de riz à l’intérieur du masque. Enfin, l’artisan travaille sur la peinture et la décoration du masque.