Artisanat et antiquités d'Asie
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Tout savoir sur la fabrication du Bol tibétain chantant

Le bol ancien chantant de 7 métaux n’est pas qu’un simple objet de la vie quotidienne, pour la cuisine ou la décoration. Il faut s’imprégner de sa culture et de son histoire pour partir à la découverte de ce bol de l'Himalaya. Effectivement, le bol tibétain cache bien dans son apparence les mystères de son histoire, de son utilisation au travers des âges, au final de son secret connu des anciens chamans, de la religion animiste bon po et enfin du bouddhisme tantrique. Comment ont été imaginé les bols chantants ? Quelle est la technique de fabrication depuis ses origines ?
composition du bol chantant

Histoire de la composition du bol en métal de l’Himalaya

Retour dans le temps, il y a près de 5 000 ans d’habiles forgerons nomades des plateaux de Mongolie concevait de petits récipients de cuisine en métal. A l’origine, ces forgerons mongols se servaient de cuivre (choisi pour sa couleur naturelle et surtout pour sa propriété à retenir la chaleur des aliments) qui sera alors remplacé progressivement par le laiton (alliage de cuivre et d’autres métaux notamment le zinc) afin d’améliorer les qualités du premier métal. Le bol en cuivre prend alors une couleur proche de celle du bronze en adoptant l’alliage de laiton dans sa composition.

Au fil des siècles, la fabrication de bol en laiton s’est transmise de génération en génération sur les plateaux de Mongolie, les techniques de martèlement et l’alliage de laiton s’enrichissent de 2 autres métaux, plomb et étain. La prospérité des bols fut telle que les chamans Mongols se sont intéressés au son dégagé par ce bol dans son processus de fabrication et lors de son contact avec d’autres objets une fois réalisés. C’est alors que ces chamans Mongols ont assimilé le bol chantant aux cultes des ancêtres et à d’autres rites ésotériques.

Des siècles plus tard, les chamans et les forgerons de Mongolie allèrent au Népal pour transmettre aux prêtres Bön po ces rituels et l’art de la fabrication des bols chantants. La rencontre des prêtres Bön po népalais et des mineurs tibétains va alors marquer une étape décisive dans la composition des bols: l’alliage de laiton composé de cuivre, de zinc, de plomb et d’étain s’enrichit de l’or. Le son produit par le bol chantant devient si extraordinaire indescriptible qu’on assimile le bol au sacré à cette époque lointaine. De plus, le bouddhisme du Tibet, qui supprime la croyance Bön po, s’était approprié l’objet qui devient définitivement un instrument essentiel pour atteindre l'éveil de Bouddha dans la méditation.

Le bol chantant devient le symbole de l’Himalaya, on l’appelle le bol tibétain de 7 métaux : or, argent, cuivre, plomb, étain, fer et mercure. Chaque métal correspondant ainsi à une planète du système solaire : Cuivre(Vénus), Étain (Jupiter), Plomb (Saturne), Fer (Mars), Mercure, Argent (Lune) et Or (Soleil).

 composition du bol chantant

Dans les coulisses d’un atelier de fabrication de bol chantant 7 métaux

Népal, Tibet jusqu'au nord de l'Inde, la tradition des bols chantants s'inscrit dans la culture et la pratique quotidienne des rituels de méditation. Leur fabrication a gardé l'héritage ancestral laissé par les forgerons sculpteurs habiles de l'Himalaya. Patience, précision, rapidité, sens du rythme et grande maîtrise du marteau est autant de qualité que possède chaque ouvrier dans l'élaboration du bol chantant artisanal.

C'est un travail de répétition fatiguant et éprouvant dans la chaleur de la forge, la création d'un bol dans de grandes qualités se fait dans un atelier familial. Entre sept et huit personnes s'occupent d'abord de la fonte des sept métaux. Les métaux sont préalablement pesés puis réduits dans un broyeur. Les métaux sont plongés dans le feu petit à petit selon leur température de fusion. À l'aide de grandes pinces, un des ouvriers constant la couleur idéale retire les métaux en fusion pour les déverser dans un moule. Après quelques secondes d’attente, les autres ouvriers frappent à coups de marteaux répétitifs l'intérieur du moule pour en aplanir les bords afin de former une galette. Celle-ci est replongée à feu vif avant d'être martelée une autrefois par les ouvriers forgerons. Cette opération peut durer des heures dans l'atmosphère étouffante des ateliers de bol chantant. Dans ce processus, l'ouïe, le toucher et la vue sont largement sollicités :
d'une part, le métal sonne différemment en fonction de sa température, la perception auditive permet de savoir alors s'il faut ou non remettre le métal au feu ;
d'autre part, la perception tactile du manche du marteau va permettre de travailler plus rapidement dans une cadence bien mesurée (à trois voire quatre ouvriers) et de constater si le métal est toujours malléable. Dans un vacarme acharné, le travail demande une concentration prolongée dans un esprit de méditation bercée par la richesse d’harmoniques qui se crée au fur et à mesure de la genèse du bol chantant.

Le bol prend forme avec des bords plus ou moins relevés au rythme très régulier telle une chorégraphie des coups de marteaux des 3 ou 4 forgerons (écoute et savoir-faire pour frapper le bol à différents endroits précis en tournant),

Les forgerons passent de l'eau sur le bol tibétain à l'aide de pinceau (le bain) qui est alors de nouveau immergé dans le brasier et manipulé avec une pince métallique pour un contact homogène de toutes les surfaces avec le feu. L'un des forgerons retire le bol incandescent pour le plonger dans l'eau: le bol chantant prend une couleur rouge blanc. L'arête et les bords intérieurs sont poncés.

Des métaux broyés sont ensuite disposés sur le fond externe du bol qui passe au polissage par différentes étapes tout en frappant le bol (pour calibrer le son) : on utilise une lime, une sorte de râpe manuelle et même un appareil rudimentaire à pédale pour tourner rapidement le fond et l'intérieur du bol. Au cours de la dernière étape de polissage, le forgeron artisan peut inscrire des gravures à l'aide d'une cisaille qu'il manipule pour dessiner des lignes, calligraphie ou des signes plus ésotériques. Le polissage donne à la fois l’aspect final du bol chantant et sa note musicale (avec l’onde ou la fréquence associées).