Artisanat et antiquités d'Asie
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Qu'est ce qu'un damaru ? Comment l'utiliser ?

Dans la mythologie hindoue, cet instrument appartient au dieu de la danse cosmique Nataraja Shiva, le Damaru est alors le symbolisme de la pulsation cosmique qui est à l’origine de la création de l’univers. Pourtant, le damaru rythme la destruction du monde avec toujours l’intervention de Shiva.
Mais le damaru accompagne les musiciens et les pèlerins dans la tradition du bouddhisme tibétain en intégrant un rôle rituel pour cette seconde religion. En Inde, le damaru a une grande importance, il est plus généralement réservé au folklore.

procession avec Damaru

Aux sources du Damaru indien ou le tambour à boules fouettantes

Le terme « Damaru » qui est un mot d’origine indienne, signifie petit tambour en forme de sablier. Le Damaru est un genre de tambour indien, sa taille peut être grande surtout utilisé dans les temples, de 40 cm de diamètre avec une hauteur de 60 cm, mais plus généralement de plus petite taille (8 cm de circonférence pour 15 cm de haut).
D’après la tradition, l’histoire du tambourin Damaru remonte à la civilisation de l’Inde antique, le damaru est représenté dans la vallée de l'Indus par des pictogrammes. Dans la mythologie hindoue, cet instrument est un des emblèmes de la puissance créatrice de Shiva qui crée le monde à partir de chaque battement de tambour. Le Damaru est alors le symbole du rythme masculin « tala » à partir duquel est créé le principe féminin (la mélodie raga).

Suivant les prescriptions de fabrication d’un damaru ancien, celui-ci doit être fabriqué dans du bois d’acacia ou de santal, la hauteur de l’instrument doit correspondre au double du diamètre de l’ouverture. Les 2 faces du damaru ancien doivent être recouvertes d’une peau de singe, celle-ci est ornée de symboles (lotus à 8 pétales avec un mantra). Selon la tradition, ces dessins sont faits avec le premier sang menstruel d’une jeune fille.

À partir d’un os de la patte d’un oiseau aquatique, on fabrique alors les petites boules de percussion, qui seront ensuite attachées par des cheveux humains après avoir été recouvertes de cire d’abeille.
Le tambour Damaru est élaboré avec des peaux de chèvre peintes (vert, bleu) recouvrant ses 2 ouvertures et tendu par un système de cordelettes (lanières de cuir) qui forment une jonction entre elles en zigzague entre les 2 peaux (damaru shivaïte). Pour donner plus de force au son produit, les artisans resserrent les cordelles ou la lanière autour de la taille de l'instrument.
Une des spécificités de cet instrument est qu’il comporte une grosse graine placée au centre ou 2 petites boules fixées aux extrémités de 2 cordelettes pendantes ou des lanières en cuir. Ce système de percussion permet aux boules ou à la graine de venir frapper alternativement sur les peaux tendues lorsque le tambour est secoué. On appelle de ce fait cet instrument le tambour à boules fouettantes.
Entre les 2 parties du sablier se trouve le corps du damaru ceinturé, accueillant la poignée (en cuir ou en étoffe) et muni de quelques décorations (petits grelots et rubans).
La caisse du Damaru d’usage courant est en bois avec 2 formes principales (ouvertures présentant une section plus ou moins ovoïde ou des ouvertures circulaires avec une caisse fréquemment décorée de motifs de scènes de cimetière et de têtes de mort).

Il existe aussi un autre type de damaru avec une caisse formée de 2 calottes crâniennes opposées par le sommet que l’on nomme « thod-rnga », c’est-à-dire tambours-crânes. Ces 2 crânes appartiennent d’une part à une fille âgée de 12 ans, d’autre part, à un garçon de 16 ans, la découpe de chaque calotte crânienne se fait au niveau de l’espace entre les sourcils. L’usage de cette seconde forme de tambour est rare et même proscrit dans les monastères tibétains, bien que des spécimens sont conservés dans les musées en Occident.

procession avec homme tenant un Damaru

Damaru et bouddhisme tibétain 

Parmi les accessoires les plus réputés à l’occasion des fêtes d’un monastère bouddhiste tibétain se trouvent posés sur une petite table basse placée devant le maître une clochette à main ou « dril-bu » et un « ?amaru », ce petit tambour en forme de sablier.
Le Damaru est aussi appelé « tambour tibétain » (thöd rnga), qui a un corps parfois réalisé en ivoire (ou d’autres matériaux pour la caisse), des décorations ajourées à la peau et à la caisse, des formes différentes d’ouvertures et des variables de tailles. Le damaru tibétain conserve la même forme en sablier que celui shivaïte et garde le même principe de percussion.
Un exemplaire célèbre de cet instrument appartient à la collection de l’administration du Patrimoine de la région Autonome du Tibet, Tang et Colombel 1987.

Le tambour tibétain rnga-chung est toujours de petite taille, il est principalement utilisé dans le bouddhisme tibétain lors de nombreux rituels comme le culte chos-skyong qui est donné en faveur des protecteurs de la religion.
Dans les rituels propres au bouddhisme tibétain, l’ensemble instrumental est alors composé :
- de hautbois
- de trompettes courtes
- du Damaru produisant un cliquetis sec (onomatopée « khro-lo-lo » signifiant faire résonner pour évoquer le jeu des 2 os)
- de la cloche et le son cristallin produit (onomatopée « si-li-li » ou le verbe tinter)
- du grand tambour et le son assourdissant
- des cymbales et leur son aigu ou de conques et leurs appels plaintifs.

Cet ensemble harmonique est fait de telle sorte à donner une coloration singulière aux cérémonies si surtout à capter l’attention bienveillante des divinités protectrices.

procession avec homme tenant un Damaru

Comment utiliser le Damaru ?

Jouer avec un damaru ne nécessite pas de connaissances particulières, ni de savoir : pour permettre à cet instrument d’émettre ses sons spécifiques de cliquetis, il suffit juste pour le pratiquant ou le fidèle de produire un mouvement rotatif et de va-et-vient. Le fidèle tient de sa main droite le damaru, la partie centrale du sablier est saisie entre le pouce et l’index, les 3 doigts restants permettent de maintenir fermement contre la paume la poignée du damarou. De cette façon en secouant (mouvement rapide de balancier) le damaru, les 2 petits battants viennent alternativement frapper les peaux tendues.


Le Damaru est un instrument qui s’inscrit dans la pratique de plusieurs rituels religieux ou de méditation :
- dans le yoga tantrique, son usage régulier combiné à la pratique des arts secrets ouvre la voie vers la victoire sur la souffrance ;
- en méditation, on assimile les sons induits par le Damaru tibétain à ceux produits à l'intérieur de l'homme. Après des séances d’entraînement, l’objectif pour tout pratiquant est alors de percevoir ces sons qui sommeillent en lui à l’aide du tambourin tibétain
-ces sons du tambour damaru percutants mènent sur le chemin de l'éveil de la connaissance, autrement dit de l’humanité qui dort avec les yeux ouverts.