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Le moulin à prières dans le bouddhisme de l'Himalaya

En Himalaya, Toit du monde, Pays des Neiges et Sommet blanc du Paradis d’où l’on entend méditant les moines entonnant des chants mystiques, ce qu’il y a d’attrayant bien sûr c’est la gigantesque chaîne de montagnes, cette atmosphère paisible mêlée à la piété de sa population. Objet cultuel largement répandu, le moulin à prières de l'Himalaya s’inscrit dans ce culte de la dévotion avec cette touche remarquable d’ingéniosité…

Moulins à prières de temple bouddhiste

Comprendre le moulin à prières de l'Himalaya


Bouddhistes et hindouistes consacrent beaucoup de leur temps chaque jour à honorer leurs déités et de leur enseignement, véritable ferveur religieuse manifeste entre recueillements et prières. Ces populations bouddhistes entendent chaque jour améliorer leur karma en effectuant de bonnes actions pour apaiser la conséquence de celles mauvaises dans une vie meilleure pour  une prochaine incarnation.
Le Bouddhisme de l'Himalaya s'appuie sur des rituels et des objets de culte avec une place importante au mouvement et au son pendant les cérémonies.


Parmi les objets de culte les plus insolites, le Bouddhisme de l'Himalaya possède le fameux Moulin à prières. En tibétain, il se traduit par les mots « Mani chuskor » ou « Mani korlo », le moulin fait partie de la tradition du bouddhisme. Objet de culte traditionnel du bouddhisme de l'Himalaya, il est composé d'un cylindre et d’un axe faisant défiler des textes sacrés « Mantras » qui se répandent et diffusent leur énergie positive ou leur bénédiction. Suivant la foi des pratiquants, actionner le moulin à prières Mani chuskor et le fait de réciter des prières ont la même valeur spirituelle puisque les paroles ainsi que les écrits sont censés se répandre dans les airs. Il faut noter que bien que le moulin à prières tibétain (du bouddhisme de l'Himalaya) soit le plus courant, cet objet cultuel s’applique dans tous les autres pays d'Asie de tradition bouddhique (Mongolie, Japon, Corée, Chine…) et même aux États-Unis.

Moulin à prière bouddhique
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Succinctement, un « Moulin à prières » est composé d’une partie supérieure mise en mouvement par diverses énergies, il renferme un rouleau fait en vieux papier (parchemin). Un ou plusieurs Mantra (texte sacré) sont apposés sur ce support. Actionné, le moulin délivre les paroles du mantra envoyé dans le monde grâce au mouvement imprimé, l’objet est dirigé vers le soleil. C’est une forme bien symbolique de la volonté de délivrer l’humanité des cycles des renaissances que constitue cet acte de la foi du bouddhisme tibétain.


A chaque entrée des monastères de l'Himalaya bouddhiste se présente cet objet de culte, de grandes dimensions et protégé de la pluie et de la neige par un toit. Dans ces monastères, le moulin à prières est installé dans une guérite avec une porte.
L’image la plus classique de ce genre d’objet de culte est le fidèle qui met en mouvement les moulins à prières disposés en longues séries. Cette « machine à prières » offre ainsi la possibilité aux moines et fidèles de prier ou lire les textes sacrés transmis aux dieux par les airs tout en effectuant d’autres tâches. Ce sont souvent aussi des moulins encastrés dans les murs de temples disposés en rangée.


Son principe de fonctionnement est simple :

  • les Mantras (prières ou textes sacrés) sont gravés sur du papier, soit inséré à l'intérieur du cylindre ou sur sa face extérieure
  • le cylindre est relié à un système de manche qui fait tourner le moulin dans le sens des aiguilles d'une montre (le mantra défile dans le sens par lequel il a été écrit) ; excepté pour les moulins à prières Bönpo avec un sens antihoraire
  • chaque tour du cylindre sur son axe équivaut à une prière. 


Traditionnellement, l’énergie propulsant le moulin et la plus commune est la force de la main. Cependant, l’ingéniosité ne manque pas et on, trouve des moulins à prières fonctionnant à l’énergie du vent (sur le toit d'une maison), à la chaleur ou à l’électricité (chaleur d'une ampoule électrique, lampe) et même solaire.
Concernant le moulin à prières actionné par eau, ce sont surtout des objets plus volumineux construits au bord des torrents, garantissant de ce fait en permanence la récitation de prières (mais on imagine également comme source une fontaine ou un petit ruisseau).


Des moulins à prières portatifs existent également, un poids et un cordon sont indispensables pour les faire tourner.
L’intérêt du moulin Mani Khorlo (ou encore Chos-kor) est qu’en quelques secondes, le fidèle accumule beaucoup de mérites et exécute un acte de purification très puissante.

Moulins à prières

Quels sont les types de moulins à prières du bouddhisme ?


Les types à proprement parler de moulins à prières du bouddhisme ne se distinguent pas uniquement à leur conception, ni à l’énergie qui les propulse, non moins à leur niveau de décoration extérieure. Bien que cela soit pris en compte, le critère distinctif dans la tradition du bouddhisme de l'Himalaya est le type de Mantra que le Mani chuskor contient.
Les moulins à prières contenant le mantra de Chenrézig sont les plus courants (Moulin Mani Khorlo ou « roue de Mani »). OM (purifie l’offrande des impuretés) MANI PADME HOUNG (multiplie à l’infini) sont les 6 syllabes du mantra de Chenrézig qui signifie le joyau sur le lotus (Bouddha, l'un des Trois joyaux refuge du bouddhisme) contient selon les légendes la signification essentielle de tous les enseignements du Bouddha dharma (84 000 enseignements). On récite (plutôt fait tourner) ce mantra en six syllabes qui apporte des bénédictions infinies en considérant à travers la dévotion que le maître forme un avec Chenrézig Avalokiteshvara. C’est un Mantra puissant qui récité exprime la compassion de tous les bouddhas et offre une renaissance définitivement débarrassée du cycle des renaissances ou Samsara.
Réciter une seule syllabe de ce mantra a un pouvoir extraordinaire et permettre la libération des êtres vivants ; faire tourner un moulin à prières avec cent-millions de mantra « OM MANI PADME HOUNG » offre une totale bénédiction des organes de tout le corps. Le Mantra récité a une telle puissance que même après la mort lors de la crémation, toute personne respirant la fumée dégagée échappe à la renaissance dans les trois mondes inférieurs.
Remplir une roue à prières avec d'autres mantras est aussi possible :

  • pour une personne malade, le mantra Bouddha de médecine ou Sangye Menla
  • pour les commerçants, le mantra de Bouddha de richesse Dzambhalla
  • pour un vieux Lama, le mantra d'une déité de longue vie…

D’autres types de moulins existent comme les Thardo Khorlo qui contiennent le mantra de Chenrézig et une autre sélection de mantra.


L'invention du moulin Mani chuskor renvoie à l'expression Bouddhiste « tourner la roue du Dharma » (ou de l’enseignement). Il s’agit en fait de la doctrine principale du Bouddha mentionnée dans des textes très anciens sur la rencontre entre le futur Bouddha Shakyamuni et le Bouddha Dipankara. Ce dernier fit une offrande à Dipankara avec le souhait de devenir un éveillé lui aussi pour le bien de ses semblables. Un souhait bien accueilli par son interlocuteur qui lui fait part d’un secret : « la roue du Dharma » amenant sur la voie de l’Eveil qu'il aura confié aux Nagas (serpents sacrés). Ce secret de la roue du Dharma ou moulin à prières était alors gardé par ces créatures célestes durant des millions d'années avant que l’humanité puisse bénéficier de moyen habile d'atteindre l'Éveil.

L’essentiel des règles de la fabrication d’un moulin à prières du bouddhisme


Aujourd’hui vendu dans des boutiques de Kathmandou, ce genre d’objet de culte obéit à plusieurs règles dans sa conception traditionnelle du bouddhisme de l'Himalaya. De conception simple, sa fabrication obéit cependant à des règles rituelles strictes.


Avoir un cylindre en métal précieux, de jolis mantras en alphabet Tibétain ou en script, Pali, et les faire bénir par un Grand Maitre ne suffisent pas. A tout cela s’ajoutent des rituels et des matériaux essentiellement pris dans le respect des traditions.

L’Arbre de vie

La première étape consiste à se procurer l’arbre de vie Sog Shing (arbre de genévrier ou de santal) ; pour un bois ordinaire servant d’arbre de vie, il est préférable de l'oindre d'huile de santal. D’autres textes parlent également de fer pour réaliser l'arbre de vie du moulin à prières. La position sur la structure finale de l’arbre de vie doit respecter le sens de sa pousse sur l’arbre (haut de l’arbre), sa forme étant ronde, ou carrée. Un arbre de vie doit être gravé d’un certain nombre de mantra ou enroulé de papier avec des inscriptions de mantra. Cet arbre de vie doit avoir une hauteur identique à celle du cylindre dans lequel il est placé.

Bouddhiste priant
Les Mantras

Écrits en Tibétain, en Sanskrit, ou en alphabet romain, l’écriture (ou la pose) des Mantra suit la règle suivante (de haut en bas) : Om Sarya Vidya Svaha, Om Ah Hum, Om Vajra Ayushe Svaha, Om Supratisha Vajra Ye Svaha. Le dernier mantra couvre totalement le bas de l'arbre de vie. Ces Mantra sont enduits d'eau safranée pour les purifier et l’encre utilisée correspond à l’accumulation de mérites : dorée, rouge et noire (par ordre décroissant de mérite).
Ces mantra peuvent être écrits à la main avec un mélange de safran et d'encre, imprimés à l'ancienne (bloc de bois). Il faut avoir des tracés clairs sans rature. Des mantra sur microfilm ont fait leur apparition depuis quelques années et semblent corrects sur le plan rituel. Il faut aussi veiller à bien marquer le haut du rouleau de mantra au risque de le mettre de travers dans le moulin à prières. Ce rouleau de mantra est placé dans du tissu pour le protéger de l'usure.


À défaut de métal précieux, le cylindre contenant les mantra doit être solide et étanche, en métal, os, bois.
Une petite méditation consistant à réciter 21 fois le mantra est une pratique rituelle avant de se pencher sur l’étape suivante : enrouler les mantra.


L’enroulement des Mantras 

Avant de les enrouler, les feuilles de papier doivent être purifiées avec de l'eau safranée. Le sens d'enroulement de ces mantra est aussi important : par exemple pour le mantra OM MANI PADME HOUNG, la première syllabe doit se trouve vers le début, les inscriptions sont visibles vers l'extérieur. Le volume du cylindre doit être rempli par les bandes de mantra.
Il faut rouler le mantra en serrant bien fort. La personne désignée pour effectuer ce travail doit être saine au sens rituel : n’ayant pas consommé récemment ail, oignon, viande, drogue, alcool, tabac.

Moulins à prière de temple himalayen

Roue du ciel et roue de la terre

Placées respectivement en dessus et en dessous de la précédente roue de mantra, ce sont deux diagrammes traversés par l'axe du moulin en action.


Le mécanisme

il n'existe pas de règle rituelle sur le mécanisme à utiliser pour le moulin à prières. Il faut retenir qu’un simple axe fixe suffit en y ajoutant une rondelle mobile dans la partie basse du moulin (une rondelle traditionnellement faite de conque ou d’os).
Le poids doit être assez lourd, de préférence en métal (ou en pierre), parfois en plomb. Tout objet ayant une forme et un poids adaptés sont valables. Dans certains moulins à prières sont ajoutées des pierres de décoration, perles, turquoises et corail (ceci n’étant pas une obligation ni inscrite dans les règles sacrées).

Pour les moulins à prières plus contemporains de bureau, le rouleau est visible.