Artisanat et antiquités d'Asie
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Miniature Moghole

En Inde sous l’empire des grands Moghols (Inde moghol), l’art de la peinture notamment la miniature indienne ancienne connaîtra une envergure sans pareille, la peinture moghole, dont l’art de la miniature, demeure depuis longtemps un support qui recouvre plusieurs aspects : religieux, culturel, social… L’art de la miniature moghole s’inspire alors de celui de Perse avec l’exil de Humayun. Scènes de chasse ou de la vie quotidienne au sein de la cour, portraits de héros, illustrations de batailles sont autant de thématiques traitées par l’art de la miniature moghole . La nature constitue un autre sujet d’intérêt, d’abord pour l’art persan, puis pour la peinture moghole avec les miniatures indiennes moghols.

Miniature moghole

La peinture moghole de l'Inde moghol est considérée comme sœur cadette de la miniature persane. Cette peinture figure dans l’art indien, on peut suggérer alors que cet art de la peinture était le divertissement fétiche des princes à l’époque des grands Moghols. L’interprétation de la nature prend un sens poétique avec des possibilités décoratives infinies ; l’arrivée des influences extérieures a bouleversé cet aspect énigmatique de la nature en la transformant en une réalité plus exacte sans aucune forme de fantaisie.

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La découverte de l’art de la miniature persane par Humayun et le règne d’Akbar

Séjournant en Perse (Tabriz) dans la cour de la dynastie Séfévide, le successeur de l’empereur conquérant Babur lui-même descendant de Gengis Khan découvre pour la première fois l’art persan de la peinture et des enluminures. Ce grand passionné d’art apprend les techniques de réalisation de cet art des miniatures indiennes moghols et va alors emmener deux grands artistes de la région : Abd al-Samad et Mir Sayyid Ali. Ce dernier accompagne alors Humayun en 1555 au service de la cour de Delhi, Humayun le nomme directeur de l’atelier impérial. Plus tard, il va fonder la première école moghole de peinture et poursuit cette activité sous le règne d’Akbar, fils ainé d’Humayun.

Peu de temps après grâce au soutien militaire de l’empereur de chah Tahmasp (souverain d’Iran), Humayun reprend son trône à Delhi après Kabul et demande alors aux deux maîtres persans d’illustrer avec cet art de la miniature le manuscrit Hamza-nameh. Ce roman d’aventures dont l’illustration occupait une dizaine d’artistes au cours de plusieurs années est à la base de l’école de peinture moghole (14 volumes, 1400 illustrations et 2400 miniatures). C’est un grand manuscrit racontant les exploits légendaires de Amir Hamza, un des oncles du prophète Mahomet. Ce recueil de 67 x 51 cm se caractérise par son style luxueux extraordinaire.

Autre manuscrit de l’ère Akbar écrit en 1805, « Anwâr-i Suhayli » contenant des fables romantiques en persan avec 27 miniatures. L’art du portrait est très courant dans la cour d’Akbar, tels que le bélier impérial, le portrait entouré d’étrangeté du mystique hindou Sadhu, ou celui de Rajahman…
Miniature moghole
Parmi ces illustrations, on pouvait observer également des scènes de lutte entre deux princes sous l’œil d’un roi et de courtisans, ou une discussion entre un prince et un autre personnage armé entourés des partisans de la cour et de princesses.
Lorsqu’Humayun mourut, Akbar hérita du trône et continua alors le mécénat en faveur de l’art moghol en Inde. Ce souverain moghol accorda davantage d’intérêt à l’art de la peinture moghole avec en partie celui de la miniature moghole tout au long de son règne (seconde moitié du XVIe siècle). Les deux maitres persans Mir Sayyid Ali et Abd al-Samad dirigèrent l’école d’art du palais où se côtoyaient des artistes de tous les horizons : Persans, Indiens, Ouzbèkes, Arabes (plus de 145 artistes)… Cet atelier de peinture de la cour d’Akbar fut un véritable carrefour des civilisations, avec d’un,e part les Perses et leur savoir de l’art de la miniature, à transmettre aux artistes indiens d’autre part pour recréer ensemble un art nouveau de la miniature. Le travail fut d’abord très collectif (composition hybride, tonalités étouffantes et équilibre maladroit des proportions), puis progressivement laissa place au génie individuel de chaque artiste. Cet atelier contribuait à produire, outre les très nombreuses enluminures de manuscrits ou miniatures mogholes, des œuvres de peintures murales et des portraits. Dans le travail artistique de la peinture individuelle moghole, on peut citer l’œuvre dans laquelle le géant Udj s’en prend aux armées de Moïse en projetant des montagnes contre les hommes.

Sous le règne d’Akbar, les thèmes abordés dans l’atelier impérial retracent les deux grands épisodes du Ramayana et du Mahabarata et des figures de yogis (la majorité des artistes étaient des hindous). À la même époque, le Babur Nama qui est une biographie du grand-père d’Akbar fut illustré. Les portraits de dignitaires de la cour fusent dans l’atelier impérial, néanmoins a cette époque, Akbar était contesté par le clergé bouddhiste islamique opposé à la représentation de la figure humaine.

Au XVIe siècle, avec l’arrivée des premiers jésuites sur invitation d’Akbar (1578, 1582, 1593, 1594), l’art de la peinture évolua encore en s’ouvrant sur le thème des Saintetés du monde occidental à l’époque de la Renaissance (images de la Vierge Marie, des disciples et de Jésus Christ, la Légende dorée des 150 saints, Saint Jérôme). Ces missionnaires occidentaux donnèrent en cadeau à l’empereur des objets de culte et surtout la polyglotte d’Anvers avec ses gravures de style occidental.
Les légendes de la Bible forment un support artistique de l’atelier de la cour d’Akbar. Parmi les techniques importées d’Europe, les artistes d’Akbar ont intégré à leur art la perspective et le souci de la ressemblance du modèle par rapport à l’œuvre (ressemblance la plus réaliste des portraits). Sous le règne d’Akbar fut fondé l’atelier d’artistes et dans le même temps la première école d’art de la peinture moghole dans la nouvelle ville de Fatehpur Sikri. L’art de la peinture moghole se basait alors sur la précision et la recherche du véritable, prônées par Akbar, puis par son successeur Jahangir.

 

La continuité avec les empereurs moghols Jahangir et Shah Jahan

Jahangir succéda à Akbar et poursuivit sa politique de tolérance envers les autres religions tout en continuant le mécénat en faveur des artistes peintres (Art du Livre). À cette époque, les artistes musulmans et indiens travaillent ensemble dans l’atelier impérial. Par ailleurs au début du XVIIe siècle, l’influence européenne sur l’art de la peinture moghole se fit de plus en plus ressortir. Ainsi, aux scènes de cour, de batailles de héros ou de légendes amoureuses entre princes et princesses s’ajoutent des thèmes autour du Christ et de la Bible chrétienne.

L’empereur Jahangir repoussa encore plus l’art de la peinture vers une nouvelle dimension d’évolution et de perfectionnement. Il prit comme mesure de mettre à la porte les artistes-apprentis pour ne garder que ceux étant déjà confirmés : le niveau de l’art atteignit en conséquence des sommets, s’appuyant sur un travail artistique fin et des couleurs plus légères.
Le Jahangir Nama est une biographie illustrée de cet empereur avec un nombre important de miniatures rapportant par exemple sa vie de cour à l’occasion de grandes cérémonies, son portrait contemplant celui de l’empereur Akbar, l’union d’un saint avec une tigresse, la nature (arbres, fleurs, oiseaux) et le combat entre araignées. Sous l’ère Jahangir, en continuité au travail d’Akbar, l’art de la peinture et de la miniature moghole aborde l’histoire naturelle avec des représentations d’oiseaux, de chevaux, d’éléphants, de dromadaires, de zèbres, de béliers, de papillons, de plantes et de fleurs exotiques. Dans la liste des artistes célèbres de cette époque, on peut notamment citer Miskina connu pour ses œuvres enjouées d’une harmonie entre les couleurs plates et vives.

Miniature moghole

Le fondateur du mausolée Taja Mahal, Shah Jahan, manifesta cependant moins d’intérêt pour l’art de la peinture de la miniature indienne ancienne que ses prédécesseurs. Malgré cela, l’art de la miniature de Shah Jahan aborde des thématiques comme des couples sur des jardins et des terrasses immortalisés dans des positions intimes, ou des ascètes rassemblés autour d’un feu. Une œuvre spécifique à l’époque Shah Jahan est nommée Padshah Nama ou grand Livre de l'empereur en plusieurs volumes (un seul a pu être conservé à la bibliothèque royale de Windsor avec à peu près 44 peintures en pleine page). Ce livre illustre fièrement l’ambiance des processions officielles, la prise de Kandahar, des scènes de conseil darbar ou encore la présentation à la jharoka. Quoique peu attiré par l’art de la peinture, sous le règne de cet empereur l’art du livre connaitra une production importante de paysages nocturnes empruntés au style européen, des miniatures de la flore (en marge ou pleine page).

Ses descendants n’eurent aucun égard à l’adresse de l’art moghol, préférant se tourner vers l’art de la guerre pour délaisser entre les mains du fossoyeur le domaine des lettrés. L’évolution artistique moghole prit fin avec un de ces nouveaux empereurs qui mit fin à la collaboration indienne et détruira l’œuvre de ces ancêtres. Les guerres qui déchirèrent le territoire des grands moghols marqua non seulement la fin de leur règne en Inde, mas aussi le déclin de l’art moghol dans son ensemble. Heureusement, l’artiste Mir Chand dirigea la dernière école de Delhi prônant un style personnel marqué par l’histoire au cours du XVIIe siècle. Le développement artistique se poursuivra dans les Etats vassaux de l’Empire moghol… La destruction de l'atelier impérial est commanditée par l’empereur Aurangzeb avec de nombreux temples hindouistes.

Le glas du déclin de l’art aristocratique de la peinture et de la miniature sonne au XVIIIe siècle, les artistes de la cour débauchés trouvent leur salut en se convertissant au service de rajas ou fondent leur école. L’art de la peinture moghole migre alors vers les provinces, à la cour royale des nobles guerriers Rajputs ou dans les contres sous l’emprise de la Compagnie anglaise des Indes orientales.
La peinture moghole tardive provinciale s’apparente au style de la peinture troubadour, l’art de la miniature illustre alors de nouveaux sujets : la visite de femmes d’un ascète, la légende du Sultan de Balkh Ibrahim servi par les anges, l’appartement des dames Zenana, légendes amoureuses d’un héros (rencontre de Khosrow et de Shirin, ou de Wafa et Sahib), la chasse des aborigènes du nord du Deccan les Bhils, mais encore les épopées illustrées de Ragamala…

Art de la peinture moghole et art de la miniature moghole : Touti-Nameh sous le règne d’Akbar

Une peinture moghole est un art subtil et raffiné, bercée d’un charme incomparable qui ne vieillit jamais malgré le temps qui passe. Une des toutes premières œuvres de cet art de la miniature moghole s’intitule Touti-Nameh, très ancien manuscrit illustré (réalisé sous le règne d’Akbar) conservé actuellement au musée d'Art de Cleveland.

Ce conte typiquement persan dont le titre se traduit par « Contes du perroquet » comprend au total 83 légendes regroupées sous 57 épisodes (« nuit ») et datant approximativement du XIVe siècle. Celui-ci dérivant du manuscrit en sanscrit « les 70 Contes du Perroquet » réalisé au XIIe siècle. Le perroquet est un animal particulier en Inde comme en Perse avec des aptitudes à converser et à narrer des histoires mythologiques.

Le Touti-Nameh est l’histoire d’une propriétaire de perroquet s’apprêtant à commettre un acte d’infidélité envers son mari absent. Toutes les illustrations ont été prises en charge par les deux maitres peintres perses dépêchés par l’empereur moghol Humayun et de son fils Akbar vers la fin du XVIe siècle.

Miniature moghole

Qu’est-ce que l’art des miniatures mogholes ?

On regroupe sous l’art du livre de l’époque des grands Moghols, la peinture, mais aussi l’enluminure (miniature) et la reliure : cet art du livre bénéficie sous les premiers empereurs moghols d’un mécénat important. Avec le temps, le goût pour les objets de luxe prend la place de l’art du livre.
La peinture moghole possède un style particulier rattaché à la peinture indienne et d’autres influences d’Asie et ultérieurement d’Europe. Cet art de la peinture se limite le plus souvent à la miniature moghole ou enluminure se retrouvant auprès de textes de manuscrits très anciens. La miniature moghole dérive de la peinture persane.

La miniature moghole est un art issu de la richesse du mélange de couleurs, de l’ode à la nature, faune et flore, et du naturalisme poétique… Ainsi, tout peintre confirmé devait passer par une étape de formation par laquelle l’apprenti devait reproduire des modèles à l’aide de calques de peaux de gazelles ou de chèvres. L’esquisse en rouge est une première ébauche du sujet sur un fond blanc uni, des masses colorées s’ajoutent et pour finir, l’apprenti trace un contour définitif plus foncé avec l’ajout de détails (bijoux, forme et attitude des corps et des visages).