Artisanat et antiquités d'Asie
Tel: 01-85-54-01-34 Pièces visibles sur Paris sur rendez-vous.
Panier

Art de la peinture en Inde

La peinture Inde : un art millénaire

Culture, histoire, philosophie et religion : depuis toujours, ce sont là les moteurs de l’art indien. L’art de la peinture Inde remonte à la préhistoire avec les fresques murales, ces peintures rupestres, dans ces temps reculés cependant, les hommes peignaient dans leur abri des scènes de leur vie et des symboles rattachés à leur aspiration religieuse. 

L’art de l’image en Inde ne se cantonne pas au seul domaine artistique, c’est bien dans la tradition des croyances en des esprits et de la nature qu’il faut aborder la peinture artistique en Inde. Les fresques sur les murs des maisons et les dessins en poudres de couleur sont conçus pour accueillir de manière éphémère les divinités. Mais il serait trompeur de limiter l’art pictural à la seule croyance religieuse, cet art se veut être très codé comme dans tous les arts indiens.

Voyage autour de la peinture Inde au temps de la préhistoire : la peinture rupestre des grottes

Peinture rupestre - peinture Inde

La peinture ou fresque murale et sur le sol des grottes était l’œuvre des premiers habitants des temps anciens, cet art pictural avait alors été dominé par l’Afrique, l’Australie et en 3e position le sous-continent indien.

La peinture rupestre en Inde de la préhistoire s’illustre par des images de la vie peinte en rouge (oxydes de fer), blanc, vert, plus rarement jaune, des dessins symboliques gravés sur la pierre ou pétroglyphes d’un âge de 10 millénaires, voire 28 millénaires… Cette peinture sur roche ou pétroglyphe va alors perdurer jusqu’au IIIe millénaire.

Dans cet art rupestre préhistorique d’Inde, les hommes dessinaient des symboles remplis de mystères, des formes géométriques, des animaux de la chasse, des figures de personnages. Il faut noter que la danse rituelle ancestrale et la chasse sont les principaux supports de cet art de la peinture en Inde de ses débuts.

Par conséquent, il n’était pas rare de voir des hommes chasser des animaux sauvages (tigre), du gibier sauvage (bison, cerf, oiseau, singe) munis d’une hache ou d’un arc à flèches. Par ailleurs, la danse qui était une activité très importante dans la civilisation des premiers hommes en Inde était largement représentée dans l’art peinture Inde. C’était par exemple un danseur isolé qui se mouvait en rythme en balançant corps et bras, ou un couple de danseurs les bras levés et joints. Le groupe de danseurs était faisait aussi partie des inspirations de cet art pictural indien mettant en scène des chorégraphies mystiques et des instruments rustiques (cymbale, tambour, harpe, flûte).

Peinture sur les murs des grottes (en hindi Bhitti Chitra), sur sol (Rangoli), sur tissu (Potchitro), peinture miniature dans des manuscrits ou livres (Chitra Bhagwat) et peinture sur le corps (Deh Chitra ou Gudna) constituent l’ensemble de la peinture Inde.

Bien plus tard au cours de la civilisation Indus (2500 ans avant l’ère commune), l’art de la peinture de l'Inde s’imposa sur la poterie et la céramique indienne. 

Mort de Bouddha Gautama et peinture bouddhique

La disparition de Bouddha Gautama fait alors naître dans l’art indien deux grandes phases, la peinture bouddhique aniconique (symboles) et la peinture bouddhique iconique (représentation anthropomorphique). Du Ier siècle de l’ère commune au Xème siècle, l’art indien bouddhique va connaitre un développement de grande ampleur sur le sous-continent et laisser ses marques sur l’art hindou. Le déclin de l’art bouddhique est la cause de l’expansion de l’islam et de l’hindouisme au Xème siècle.

Fresques bouddhistes, enluminures et diagrammes de cet art indien sont éparpillés partout dans le sous-continent et dans les pays voisins : feuilles de palmier, 30 grottes artificielles (Ajanta), peinturent de tangka. Ainsi, cet art bouddhique de la peinture Inde se situe aux environs du Vème siècle avant l’ère commune pour se prolonger jusqu’au XIIe siècle.

Le tangka ou art de la peinture sur rouleaux en Inde

Parallèlement, l’art de la peinture Inde sur rouleaux fait son apparition avec comme support, des feuilles de papier cousues les unes au-dessus des autres et jointes à une toile. Parmi ces supports de peinture Inde sur rouleaux , il y a le fameux tangka (tibétain, d’Arunachal Pradesh, népalais, du Sikkhim et de Butan). La peinture sur tissu ou peinture Inde sur rouleaux est un style caractéristique du Bengale de l’Ouest et de la contrée d’Orissa. Ici, il est question de peinture religieuse influencée par la mythologie hindoue (dieu Ganesh, 10 avatars de Vishnu, 9ème avatar de Krishna Jagannatha), des épopées du Mahabharata et du Ramayana.

Tangka - peinture inde

Cet art de la peinture Inde sur rouleaux se servait dans un premier temps de feuilles de palme, remplacées par du coton ou de la soie mélangée à de la craie, de la pâte de graines de tamarin et de la gomme. Au Vème siècle avant J.–C, les peintres de l’art de la peinture sur rouleaux transportaient leurs œuvres de village en village pour relater les grandes épopées hindoues. Cet art de la peinture en Inde du Tangka bouddhique se perpétue jusqu’au VIIIe siècle.

À partir du XIVe siècle, l’art de la peinture sur rouleau se perpétue avec le Phad (du Rajasthan). Ce sont des peintures colorées (vert, jaune, rouge) présentées sur de longs rouleaux de tissu et transportées par des prêtres baladins Bhopa dans le désert du Thar. L’art Phad indien est principalement constitué des légendes des dieux héroïques comme Pabuji, Devnarayan. Cert art perdurera jusqu’au milieu du XXe siècle.

Autre variante, la peinture indienne Jain sur rouleaux de papier et tissu narre la tradition de cette culture indienne, notamment avec l’histoire de l’empereur Jehangir. 

VIIIe siècle et l’art de la peinture Inde des miniatures indiennes

Peintures de format modeste pour illustrer un manuscrit ou un livre (papier, peau de gazelle, chèvre), les miniatures indiennes existent depuis le VIIIe siècle dans l’art en Inde. Ces Chitra Bhagwats ont pour support thématique l’amour de la nature, la poésie, la richesse du chromatisme et l’art bouddhique (plus anciennes miniatures).

L’art de la peinture miniature apparait en premier lieu au Bengale et au Népal, à l’est de l’Inde) dans des monastères bouddhistes (VIIIe siècle). L’art de la miniature bouddhique en Inde connaitra plusieurs péripéties (invasion turque, art Himalaya, dynasties Pala et Sena). Finalement, cet art de la miniature bouddhique fera fusionner en un art spirituel hindouisme et bouddhisme (Bouddha est considéré comme avatar du dieu Vishnou).

L’art de la peinture des miniatures indiennes est dominé par celui du Rajasthan, les peintres dessinent à travers ces miniatures de belles femmes, des hommes héroïques, le désert… Les guerriers nobles Rajputs du Rajasthan patronnèrent des écoles de l’art de la peinture en Inde des miniatures.

Un autre art de la miniature provient de l’Orissa, c’est l’art « Tala Patta Chitra » avec des peintures sur feuilles séchées rectangulaires de palme assemblées par des fils noir et blanc. Sur ces feuilles étaient gravés des dessins (usage de stylet et d’encres à base de teintures végétales). L’art Tala Patta Chitra rend hommage essentiellement au 9e avatar de Krishna Jagannatha et plus généralement de l’ensemble de la mythologie hindoue. Il était également courant de voir à travers ces miniatures d’Orissa les illustrations des 2 grandes épopées indiennes.

La miniature Jain de la peinture Inde participe au développement de l’art pictural indien au cours du XIe siècle jusqu’au XVIe siècle (avec la sculpture et l’architecture Jain). Cette miniature Jain se trouvait partout dans le paysage, sur des manuscrits, murs, plafond, bois, tissu, feuilles de palmier. Dans les manuscrits, ces miniatures Jain servent de supports d’illustration ésotérique des fables, légendes, psaumes et fables écrits à l’encre d’or ou d’argent superposée sur un fond pourpre, bleu ou vermillon (l’œuvre Kalpasutra est une des plus belles réalisations).

L’invasion musulmane du XIIIe siècle au XIVe siècle a définitivement influencé l’art indien en deux zones distinctes :

  • le sud, épargné, conserve sa pure tradition
  • le nord fortement influencé par la religion musulmane.

Miniatures indiennes - peinture inde

Entre le XVIe siècle et le XVIIe siècle apparait l’art de la peinture miniature Deccan : les miniatures de ces régions du centre de l’Inde sont influencées par l’art moghol (art du portrait, étoffes, or, fleurs géantes et grande palette de couleurs). La majorité des miniatures originaires du Deccan ont été produites lors de l’annexion au XVIIe siècle du territoire d’Ahmadnagar (lignée de dynastie musulmane).

L’art de la peinture de la miniature moghole correspond à la période entre le XVIe siècle et le XIXe siècle en Inde. L’art moghol va de pair avec l’instauration de l’Empire moghol, fondé par Babur, son fils Humayun fut influencé par l’art des manuscrits lors de son exil en Perse.

Accompagné de 2 artisans de la miniature, il revient en Inde et va transmettre à ses trois fils l’art de la miniature avec une tendance musulmane (Akbar, Jahangir et Shah Jahan). Ces empereurs, grands amateurs d’art, vont apporter dans leur cour impériale des corps de métier de l’art pictural venus de plusieurs horizons. Ainsi, on retrouve les artistes calligraphes miniaturistes musulmans de la caste hindoue avec ceux de la caste séfévide, l’influence d’Europse se faisant à travers les gravures apportées par les missionnaires jésuites. Le rayonnement de l’art moghol de la peinture miniature débute véritablement avec le jeune Akbar, succédé par son frère Jahangir (perspective, clair-obscur européens avec le naturaliste indien). Le plus jeune frère Shah Jahan à l’origine du Taj Mahal permit à l’art de la miniature d’atteindre la perfection. 

La renaissance de la peinture Inde sur rouleaux a été véhiculée par l’art moghol jusqu’au XIXe siècle avec deux styles remarquables :

  • style Basohli marquant par son énergie, sa force
  • style Kangra plus délicat avec un côté féminin subtil.

Patna Kalam : des peintures pour le compte de Sa Majesté

Au cours du XVIIIe et du XXe siècle, l’art de la peinture Inde subira un nouveau contrepied : la vague Company Painting renvoie à un groupe de peintres indiens recrutés pour fournir des œuvres pour le compte des Britanniques. La globalité des œuvres de cette époque se caractérise par des techniques et des styles apparentés aux œuvres européennes, bien distincte de l’art de la peinture miniature.

Ces caractéristiques de la peinture Inde incluent par exemple la peinture à la gouache diluée (identique à l’aquarelle), l’usage de papiers d’origine européenne. En, général, ces œuvres picturales étaient produites sur la demande des commanditaires européens, la part de l’art et de la création étant mis de côté.

Art de la peinture indienne moderne

Le courant de la peinture moderne en Inde voit le jour vers la fin du XIXe siècle (Calcutta), les écoles d’art furent créées par les Britanniques au détriment de celles du Bengale. Peinture à l’huile et peinture de chevalet étaient les techniques empruntées à l’Occident par des artistes indiens, mais ensuite un renouveau de l’art s’est manifesté avec la période de l'école de l’art du Bengale pour revenir aux sources de l’art du primitivisme. Parmi ces peintures on retiendra dans l’histoire l’art pictural Kalighat de Calcutta qui s’inspire de l’art moghol et hindou. L’école du Bengale date du Raj britannique au début du XXe siècle, au-delà de la recherche artistique propre, il s’agit d’un mouvement nationaliste pour contre carrer les influences de l’occupant britannique (la peinture dite académique).

Peinture inde

L’art de la peinture en Inde contemporaine

Malgré le mouvement nationaliste diffusé par l’école du Bengale, il est clair que les artistes peintres indiens furent touchés par l’influence britannique, plus généralement par l’influence européenne. La peinture métropolitaine contemporaine en Inde adopte des styles et des techniques occidentales, avec une thématique fortement inspirée des images indiennes traditionnelles.

L’art moderne indien est progressivement enrichi avec des créations d’artistes reconnus à l’échelle internationale, ceci dès 1980. On parle de peinture métropolitaine contemporaine pour signifier l’art contemporain englobant les grandes métropoles des pays émergents, Inde et d’ailleurs. En Inde, il existe différentes écoles contemporaines qui permettent d’une part de perpétuer l’art de la peinture traditionnelle, d’autre part de concilier les enjeux du développement. Ces écoles sont : Bombay Art Society, Bombay Contemporary India Artists' Group, Bombay Progressive Artists' Group, Calcutta Painters' Group, Calcutta Group, Kashi Shailee, Silpi Chakra de New Delhi, Baroda Group of Artists, Society of Contemporary Artists, Cholamandal Artists’ Village, Madras Movement of Art…

Selon certains spécialistes, le plus grand peintre indien est Ravi Varma, peintre ayant eu le génie d’illustrer des scènes des épopées du Ramayana et du Mahabharata. C’est dans le palais royal de Kilimanoor que ce peintre illustre voit le jour, déjà à 14 ans il se fait remarquer par le maharaja de Travancore grâce à son extraordinaire talent.

Le jeune artiste est alors formé par le peintre royal Rama Svami Naidu, puis par Theodor Jenson, peintre britannique qui lui enseigne la peinture à l'huile. C’est comme cela que les œuvres fascinantes à l'huile de l’artiste ont rencontré beaucoup de succès dans le monde.