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L’histoire du bouddhisme en Birmanie

Terre du bouddhisme (dont l’école du Theravada), près de 89% de la population de la Birmanie pratiquent cette religion, associée encore aujourd’hui aux cultes des Esprits Nats. Quelle est la chronologie du bouddhisme en Birmanie et quel est son poids dans le paysage religieux et culturel ?

La Birmanie, terre du bouddhisme, école du Theravada

L’introduction du Bouddhisme au Myanmar

La date de l’introduction du Bouddhisme du Petit Véhicule diverge selon les sources : parmi les sources les plus officielles, le bouddhisme Theravada se serait implanté avec les envoyés du roi Indien Ashoka vers le IIIème siècle av. J-C au sein de l’ethnie Bamar (il est pratiqué par les autres ethnies Karen, Mon, Shan, Rakhine et les Chinois). La tradition Theravada est jugée comme un bouddhisme très orthodoxe dans lequel il n’y a aucun intermédiaire entre Bouddha et ses fidèles : ceci explique la raison de la continuité de la vénération des esprits des Nats. 

D’autres sources confirment que le bouddhisme theravada se serait implanté au VIIIème ap. J.-C au nord, le bouddhisme Mahayana suivi par le Vajrayana dans les régions proches de la frontière chinoise. Cependant, l’originalité du bouddhisme en Birmanie est la cohabitation de 2 croyances, la première, la plus ancienne qui consiste à vénérer les esprits (bienveillants ou malveillants et auxquels ils faisaient des offrandes pour bénéficier de leurs faveurs), la seconde est celle en Bouddha. Cette double assimilation marque l’originalité du bouddhisme birman.
Les deux autres écoles du bouddhisme Mahayana et Vajrayana coexistèrent avec la première jusqu’au XIème siècle.

2 croyances cohabitent en Birmanie : la plus ancienne vénère les esprits et la seconde celle du Bouddhisme.

Le bouddhisme birman sous le règne d’Anawratha : 1044-1077

Le roi Anawratha décida de rassembler les pratiques religieuses de son empire sous la coupe du bouddhisme dans sa forme originelle, le Theravada. Tentant d’interdire le culte des Nats, il sera confronté aux croyances des Birmans qui ne veulent pas abandonner leurs pratiques : le roi reconnut officiellement 37 Nats subordonnés à la supériorité du Bouddha. C’est à partir de cette époque qu’on trouve les plus anciens vestiges du bouddhisme theravada en Basse-Birmanie. Ce même roi fonde le premier empire birman avec Pagan comme capitale (royaume de Pagan) en 1057.
D’autres légendes racontent qu’un bonze venu du sud d’origine môn aurait convaincu Anawratha de se procurer le Canon pali ou Tipitaka détenu par le roi des Môns. Le premier argument exposé par ce moine était la purification de son peuple des superstitions du culte des esprits pour lui faire bénéficier de la religion enseignée par Siddharta. En réunifiant son royaume sous une même religion, Anawratha profite de légitimité de son pouvoir avec le bouddhisme theravada comme ciment idéologique et social de la mosaïque d’ethnies en Birmanie.
Le roi des Môns Manuha accompagné par des artistes, artisans et architectes, forma alors un cortège en direction du royaume de Pagan précédé par un éléphant blanc portant 30 exemplaires des Saintes Écritures. Le bouddhisme theravada devint la religion officielle de la Birmanie réunifiée et le roi Anawrahta fit construire des temples à Pagan.

le roi Anawrahta fit construire des temples à Pagan.
Dès les prémices de l’implantation du bouddhisme du Petit Véhicule en Birmanie, cette forme dérivée de l’école du bouddhisme primitif a une importance dans sur le pouvoir religieux que politique :

  • l’enseignement du bouddhisme Theravada joue un rôle fondamental dans la constitution de la nation birmane (légitimité de l’empire Anawratha)
  • son acceptation parmi toutes les ethnies avec le mélange avec les croyances populaires des esprits « nats. 

Le bouddhisme birman après Anawratha

Une longue lignée de monarques bouddhistes se succéda après Anawratha, appelée « Cakkavattin » (Monarques à la roue) revendiqua un pouvoir absolu. Ces rois gouvernant le pays profitent d’un statut supérieur à celui du commun, ils sont promis à la Bodhéité ou éveil. Avec leur statut supérieur, tous se prosternaient devant eux sauf le Primat de la Religion, le Thathanabaing (il a droit au même titre que le Bouddha aux hommages de ces souverains).
Le roi Mindon (1853 à 1878) utilise le bouddhisme Theravada pour sauvegarder son pouvoir de la colonisation britannique (armée, missionnaires, commerçants). Le Mandalay fut fondé contre l’occupant britannique, une fusion du bouddhisme et du nationalisme birman. 

Les caractéristiques du bouddhisme en Birmanie et son importance

Dans ce pays, selon le concept du Bouddhisme Theravada, il existe des pratiques quotidiennes :

  • la formule rituelle du Triple Refuge répétée plusieurs fois par jour, Pheya ( Bouddha), Dharma (Teya) et Sangha vers lequel les croyants doivent se tourner
  • la doctrine du Karma selon laquelle chaque acte apporte une compensation (Mérite), il faut amasser de bonnes actions pour annuler les mauvaises et améliorer sa renaissance future. 

Dans le concept du Bouddhisme Theravada, il existe des pratiques quotidiennes.

Les moines Birmans sont considérés comme des membres vénérés de la société, il en existe 500 000 (moines et nonnes) pour 50 millions de Birmans, soit 1% de la population (3,8% pratiquent la religion islamique, l’Hindouisme 0,5% et l’Animisme 0,2%). 2 000 pagodes furent construites au cours des XIème et XIIIème siècles à Pagan capitale du premier royaume birman. L'importance du bouddhisme dans l'histoire de la Birmanie s’exprime dans le paysage, par exemple avec la pagode Shwedagon ancrée dans le mythe et la légende, le monastère Mahagandayon (à Amapoura) et son défilé de 1500 moines, la grotte de Pindaya et ses 8000 bouddhas dorés, le temple de Thanboddhay avec 600 000 bouddhas de toutes tailles… Chaque village a au moins une pagode et un monastère pour le culte et l'enseignement religieux.
Sur le plan spirituel, les Birmans célèbrent de nombreux festivals tout au long de l'année liés au Bouddhisme :

  • Nouvel An birman, « Thingyan » ou festival de l'eau qui puise ses origines dans la tradition hindoue
  • Shinbyu, rite initiatique de nombreux jeunes birmans par lequel le jeune homme officie comme moine disciple dans sa vie (retraçant l’itinéraire du Maître initial Siddharta Gautama, de sa vie de jeune prince à Bouddha). 

Par ailleurs, ce pays s'inscrit parmi l'un des pays les plus réputés pour ses plus belles images du Bouddha au monde, pour le nombre important dans son paysage urbain et rural de pagodes, de bonzes aux robes safran ou rouge défilant chaque jour dans les rues. Peuple religieux au plus haut point, pays du bouddhisme par excellence, seule l’histoire du pays et de son bouddhisme permettent de comprendre cette relation…