Artisanat et antiquités d'Asie
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Fabrication d'une statue de bouddha indienne en bronze

L’Art indien est régi par des textes très anciens qui rappellent le lien entre le sacré et les peuples, que ce soit dans le domaine de l’architecture, de la sculpture ou de l’artisanat. N’en échappe pas la fabrication de statues indiennes qui de tout temps ont fasciné le monde entier. Si la statue indienne en argile se manifeste en premier dans cet art, elle sera au fil du temps fabriquée en terre-cuite, pierre, métal comme le bronze ou encore de l’or. Quelle est la vraie signification de la statue indienne de bouddha en bronze et quelles sont les différentes techniques de son élaboration ?

Tête de bouddha indien en bronze


Statue indienne de Bouddha : enseignement de Gautama

Gautama Siddharta est un prince indien né sur les contreforts de l’Himalaya (ancien royaume de Magadha au nord de l’Uttar Pradesh) dans la petite ville de Lubini, c’est le fondateur du bouddhisme. La doctrine du Bienheureux, de l’Eveillé, se base sur une transmission de savoir toujours pacifiste et respectueuse des croyances spirituelles profondes de chacun. L’expansion du bouddhisme de Gautama de l’Inde au Népal s’inscrit dans cette grande tolérance et un enseignement réfléchi sur la pratique méditative. L’enseignement initiatique de Bouddha ou « Dharma » préconise les voies de l’atteinte du Nirvana, la béatitude spirituelle, la libération de l’esprit du cycle des renaissances…
On pratique ces méditations dans les temples bouddhistes, on a souvent recours à des statues faisant figure de guide et de modèle de contemplation. La statue de bouddha indienne en bronze artisanal est un parfait exemple pour la pratique méditative : c’est un chef-d’œuvre de répliques du grand Bouddha avec ses traits spécifiques, adoptant les différentes postures de mudras. La statue de bouddha offre la protection, dans certains cas, elle est un talisman de guérison.

La statue de la tête de Bouddha Gautama en bronze est une pièce exceptionnelle qui se concentre sur le visage de Bouddha. C’est un instrument qui fait le lien entre la vie spirituelle et la pratique méditative, mais qui reste à la fois un objet décoratif. Fabriquer la statue indienne de bouddha dépasse le simple travail d’artisan, c’est une expérience unique qui consiste à toucher le domaine sacré, c’est intégrer cette image ou cette sculpture de Bouddha dans son propre esprit. Ces étapes de fabrication sont dictées dans le texte sacré de « l'Amitayur-Dhyana Sutra ». Ainsi, toute statue indienne de Bouddha respecte des codes et des règles, dont les 32 marques. Créer une forme ou une image de Bouddha dépasse le simple aspect artistique ou ornemental. La statue a pour rôle d’incarner l’esprit de Bouddha.
Bien que l'on admette que la statue indienne de Bouddha renvoie au fondateur du bouddhisme, il existe cependant des statues de grands hommes qualifiés de bouddhas (bouddha de la médecine Amogasiddhi en est un exemple). À cet effet, l’artisan veille à bien réaliser les détails autour du personnage, comme la fleur de Lotus, le symbole de pureté, de perfection et de spiritualité en Inde. Plante aquatique dont la fleur est au-dessus de l’eau, contrairement aux nénuphars et aux autres cousins avec la fleur qui flotte sur l’eau. Cette caractéristique rappelle un des nombreux enseignements de Bouddha par rapport à la réception de son Dharma par plusieurs catégories d’humains.

Bouddha indien en bronze

Les étapes de la fabrication de la statue de Bouddha indienne en bronze

Avant d’entamer ces étapes, il est important de considérer ces marques qui sont essentielles pour décrypter le caractère sacré de la statue de Bouddha. Parmi ces signes distinctifs de la vraie nature de Bouddha, on a par exemple une tête enturbannée ou couronnée d’une protubérance, des yeux intensément noirs, des cils comme ceux d’une vache. Entre les sourcils apparait une excroissance velue (semblable à un doux duvet de coton).
D’autres marques doivent apparaitre : des pieds à empreinte régulière, sous la plante de ses pieds on trouve des roues à mille rayons avec jantes et moyeu dans tout les sens bien complètes et bien divisées. Ses talons sont saillants, ses orteils et doigts sont longs, de même les pieds et les mains sont doux et délicats, couverts d’un réseau.

Les chevilles de Bouddha Gautama sont comparables à des coquilles arrondies, debout sans se pencher, il peut toucher ses genoux avec l’une et l’autre main. Il a des jambes d’antilope, ses organes sexuels sont cachés dans une gaine. Le teint général rappelle la couleur de l’or, sa peau est particulièrement lisse qu’aucune poussière n’adhère à son corps. Les poils du dessus poussent un par un, le poil de son corps se dresse vers le haut (chaque poil de couleur noir intense comme le collyre se présente en petites boucles frisées enroulées vers la droite). L’ossature rectiligne rappelle celle de Brahma, la statue de bouddha indienne a les sept surfaces bombées, la moitié antérieure de son corps est semblable à celle d’un lion. Entre ses épaules, il n’y a pas de sillon, les proportions de la statue ont la symétrie du banyan, c’est-à-dire la longueur de son corps est égale à l’envergure de ses bras et ses bras est égale a sa hauteur.

Sa poitrine est régulièrement bombée, alors que son cou est suprêmement fin, les mâchoires sont semblables à celle d’un lion, Bouddha a 40 dents qui sont régulières, sans interstices. Ses canines sont très brillantes, sa langue est longue.
Historiquement, c’est à partir du Vème siècle et du VIème siècle que le bronze coulé à cire perdue vient enrichir les méthodes de plastique des statues indiennes (terre-cuite, stuc, pierre). En plus de ces 32 marques, une véritable statue indienne de bouddha de temple contient des reliques et des rouleaux de mantras ou reliquaire monumental, propre au bouddhisme. Dans les composants, on retrouve des substances précieuses à l’instar de la terre rapportée de lieux de pèlerinages, de stupa et de reliquaire monumental propre au bouddhisme.


C’est à partir du modèle en cire qui est un mélange de cire d’abeilles et de paraffine que commence le travail de l’artisan, il l’enveloppe avec une couche protectrice de terre glaise préalablement séchée au soleil. Ce moule est ensuite plongé dans des flammes en vue de faire fondre la cire (procédé artisanal de la cire perdue), au même moment on verse le bronze chauffé à 800°C. Une fois le moule froid, il est cassé : une sculpture grossière apparaît. Cette forme brute doit être alors limée, polie et affinée selon un travail de minutie (plusieurs jours à plusieurs semaines, voire des mois entiers). Vient ensuite l’ajout des détails ou perfectionnement de la statue. Enfin pour la vieillir, la statue indienne de Bouddha est badigeonnée de chlore et de zinc et enterrée pendant quelques jours (une couche de patine verdâtre remplace le brillant du bronze).


Selon d’autres procédés artisanaux, la fabrication du socle est la première étape, l’artisan s’occupe par la suite de la structure des mains, du visage du Bouddha sous forme de masque avec les oreilles. Les deux bras et avant-bras sont alors produits, ensuite c’est au tour de la fabrication des cheveux grâce aux techniques de moulage et d’estampage. Des attributs comme le bol du Bouddha sont rajoutés, l’artisan passe à la création de 3 pétales de Lotus (gauche, central, droit) avec le même procédé de moulage. La mise en forme des jambes, du corps du Bouddha aux proportions et le travail sur les drapés constituent les avant-dernières étapes avant l’assemblage final de tous les éléments et les finitions.


Dans l’art indien de toutes les époques, il est crucial de souligner la haute importance du symbolisme de la relation entre le divin et la statue, un rapport d’identité entre l’univers et le temple.


Un trésor enfoui de près d’un millénaire et demi déterré…

Une très ancienne statue de Bouddha a récemment été découverte par des étudiants de l’université d’Utkal, un trésor archéologique de 1400 ans ! À part son âge, cette statue de Bouddha indien déterrée près de Govindapur (Etat indien d’Odisha) se singularise par le fait qu’un serpent à 7 têtes la protège. Ce serpent à 7 têtes tiré des légendes hindouistes appelé « naga » a pour rôle de protéger Bouddha au cours de sa longue méditation, durant une période de 7 jours de pluies abondantes. D’autres statues historiques partageant des similarités avec la statue de Govindapur ont été découvertes dans le district de Jaipur. Tout ceci confirmant d’une part, que ces statues datent bien avant le VIIème siècle de notre ère, d’autre part que la communauté bouddhiste était bel et bien présente dans ces lieux.