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L’histoire du bouddhisme en Inde

Troisième plus grande religion la plus répandue dans le monde, principalement présent en Asie, le bouddhisme qui a vu le jour en Inde du nord fait de nombreux fidèles avec des milliers de temples en Amérique et en Europe des siècles après son fondement par le prince Gautama de Lubini sur les contreforts de l'Himalaya. De toute son histoire, son expansion et son influence se sont faites de manière pacifiste, un pacifisme dicté par l’histoire de sa genèse en Inde.

Les origines du Bouddhisme en Inde : l’Éveil du prince

l’Éveil du prince


En Inde dans un royaume prospère (ancien royaume de Magadha au nord de l’Uttar Pradesh, Bihar en Inde au bord du Gange), un jeune prince du nom de Siddharta Gautama va donner naissance au bouddhisme après son Éveil. Il fonde son enseignement sur l’expérience, la compréhension du malheur, les réflexions et la recherche du bonheur, du salut. Le futur Bouddha abandonna son statut de souverain, il fut âge de 29 ans quand il quitta le palais et durant le reste de sa vie, entreprit une quête sur la compréhension de la misère humaine et par la suite son éradication.
Le bouddhisme, une des plus anciennes religions encore largement pratiquées, a été fondé en -556 du calendrier julien (Vème siècle av. J. –C) dans un modeste district riverain du Gange. C’est dans un contexte d’une Inde connaissant une bonne croissance économique, les débuts de son urbanisation et des États centralisés (organisation politique des royaumes pouvant amener des changements au sein de la société civile) que le bouddhisme voit le jour. Sur le plan administratif et spirituel, la société indienne est dite védique (les Védas sont des textes très respectés) et adopte un système de castes.
La véritable naissance du bouddhisme est rattachée au moment de l’Éveil de son fondateur Siddhartha Gautama. Une fois conscient de sa réalisation, il décida de livrer sa découverte pour la partager à ses 5 disciples et prononça le premier sutra. Par la suite, le nouveau Maitre sut convaincre un nombre important de personnes qui rejoignirent le Sangha (clergé).

Le bouddhisme et les Indes Antiques


À travers les Indes antiques et par le soutien de divers régimes régionaux, le bouddhisme se diffuse de manière pacifique par « Voie de la Délivrance », en désaccord avec le modèle de Castes : la découverte du chemin de la Vérité doit être montrée à tous les hommes, de quelle appartenance raciale, de groupe social qu’il soit ou même de sexe. L’enseignement de la doctrine du Bienheureux se propagea avec une tolérance et une souplesse avec une approche qui s'adaptait aux croyances locales aux coutumes et aux ressentis.
Durant le 1er millénaire av. J. –C, la religion bénéficie d'un soutien constant et la consolidation de l’organisation monastique la place au cœur de la vie intellectuelle et religieuse.
Le premier souverain de la dynastie Shunga (188 av. J.-C) fit construire de grands stupas bouddhistes à Sânchî. Ce fut le règne du roi Pushyamitra auquel succéda la dynastie des Kanva et des Shunga : en tout ce sont 4 rois bouddhistes.
D’autres sources prétendent que le roi Pushyamitra serait lui-même le commanditaire des persécutions du bouddhisme durant l'antiquité. C’est à partir de l’anthologie de récits mythiques bouddhiste sur la morale et l’éthique « Divyavadana » écrit vers le IIème siècle que se fonde cette théorie. En réalité, la trace de l'écriture du Divyavadana 400 ans après la dynastie Shunga. Aujourd’hui, il n’existe plus que de rares ruines de stupas et de viharas, sans que personne ne puisse admettre s’il s’agit véritablement de l’œuvre du roi Pushyamitra.
Il est vrai que cette expansion en Inde et généralement dans les pays asiatiques est attribuée aux soutiens des monarques et de leur royaume.
Les pas de Bouddha pour diffuser son enseignement vont de l’Inde au Népal, avec 4 villes sacrées de son existence pour les pèlerins bouddhistes. Lumbini est la ville de sa naissance, berceau de ses enseignements à Sarnath ou encore la ville de son éveil suprême Bodhgaya.

Les pas de Bouddha pour diffuser son enseignement vont de l’Inde au Népal, avec 4 villes sacrées de son existence pour les pèlerins bouddhistes.


Diffusion du bouddhisme en Inde


En Inde, le grand soutien des royaumes de la terre natale du bouddhisme et dans des pays asiatiques a conduit à l’expansion de ce courant de pensée.
L’un des acteurs majeurs de l’expansion du bouddhisme est sans nul doute Ashoka, un célèbre empereur de Mauryas au nord de l'Inde (268-239 av. J.-C). Au IIIème siècle avant notre ère, alors converti Ashoka soutient la nouvelle religion. Le bouddhisme s’étend même au-delà du sous-continent indien. Le roi Ashoka (274-236) fut un ambassadeur influent du bouddhisme vers Ceylan, l'Afghanistan la Birmanie et le Cachemire par ses conquêtes. Par la suite, la dynastie des Gupta (320-450 ap. J.-C) fut également une des pionnières de l'épanouissement du bouddhisme.
Cette religion symbole du Premier Empire de l'Inde entière devient l’emblème d'Ashoka. Les textes religieux déclarent que « tous les bouddhas naissent en Inde, prêchent en Inde et y atteignent le Nirvâna » ; du Vème siècle au VIIème siècle, le bouddhisme sera vulgarisé et transmis dans toutes les régions de l'Inde. Même alors en duel face à l'hindouisme, les souverains soutiennent cette religion : peinture, art, architecture de l'Inde connaitront un éclat incomparable.
S’étendant sur plus d'un millénaire et demi, l’histoire du bouddhisme en Inde va de sa genèse aux alentours du Vème siècle av. J. –C au XIIIème siècle qui marque son déclin en Inde. C’est ainsi que durant une longue période de quelques siècles, ce courant de pensée ne subsiste qu’à l’état de « trace »…
Apparaissent dans l’évolution du bouddhisme au début de notre ère 2 grandes tendances, le courant Hinayana (dont l’école du theravada seule survivante) appelé aussi Petit Véhicule basé sur l'enseignement originel du Bouddha. Ce premier courant a pris racine en Asie du sud est, notamment au Cambodge, en Birmanie (Myanmar) et en Thaïlande. Le second, appelé Mahayana ou Grand Véhicule est présent surtout en Chine et au Vietnam. Il s’agit d’une doctrine impliquant les bodhisattvas pour l’atteinte de la noble quête de la délivrance. Du Mahayana est né le bouddhisme tantrique tibétain au VIIème siècle. Cet autre courant qui place toute l’importance du symbolisme et du rituel.

En Inde du nord, plusieurs célèbres monastères bouddhistes ont été construits (de renommée mondiale), Gompa de Rizong perché dans la vallée de l’Indus dans l’Himalaya avec des bâtiments en demi-cercle, le monastère fortifié de Chemrey dressé sur un piton rocheux, Shanti stupa de Leh à 3500 m d’altitude. A cette liste s’ajoutent le Temple Rama en pierre sculptée, le monastère de Gopar (construit au XIème siècle par des bonzes tibétains) ou encore le monastère de Lamayuru entouré de montagnes et de rochers à proximité de villages. .

En Inde du nord, plusieurs célèbres monastères bouddhistes ont été construits (de renommée mondiale).

Mort de Bouddha et déclin du bouddhisme en Inde


À la mort de Bouddha Gautama, son Dharma connaît déjà une grande popularité en Inde. Son enterrement donna lieu à un partage de ses reliques contenues dans des st?pas. Après sa mort, la philosophie bouddhiste se répand en Inde du nord-est pendant quelques siècles.

Le déclin constaté du bouddhisme aux Indes fut le résultat de plusieurs circonstances :
• premièrement, la conquête musulmane des Indes et le développement des religions indiennes concurrentes, Hindouisme et Jaïnisme au même titre que l’invasion de peuples venant d'Asie centrale (la sangha bouddhiste du nord-ouest du sous-continent indien ravagé par les Huns blancs et les Turco-Mongoles
• les conflits sectaires au sein du bouddhisme
• la perte du soutien public et royal.

Entre 600 et 800 (VIIème et VIIIème siècles), les hommes cultivés ou brahmanes de l’Inde exprimèrent des réserves sur la religion bouddhiste. Un autre événement qui amorce le déclin du bouddhisme.
Sous l’empire Gupta des IVème et VIème siècles et Pala VIIIème et XIIème siècles, le bouddhisme bénéficie d’un soutien financier et institutionnel. En dehors de l'Inde du nord-est, sa région d'origine, le bouddhisme se développe non sans se modifier à une époque dans la quasi-totalité du continent asiatique : parallèlement, il ne subsiste que dans les régions himalayennes, dans le sud des Indes et sur l’île de Ceylan. Ce bouddhisme hors d’Inde s'enrichit d'éléments des cultures d'Asie, centrale, sud-est, d'Extrême-Orient, hellénistique et himalayenne.

Le XIIIème siècle marque le déclin du bouddhisme : à cette époque, cette religion est contrainte par la renaissance de l'hindouisme soutenue par les gouvernants; les monastères bouddhistes sont persécutés. L’Himalaya (les régions Ladakh, Sikkim) et quelques endroits isolés constitueront encore de nos jours les lieux d’implantation du bouddhisme en Inde depuis la fin du XIXème siècle. La conversion publique d'Ambedkar, défenseur le caste des intouchables Dalits est un évènement marquant des années 1950 en Inde de la religion qui connaitra un nouveau souffle.


En 1973, l'Inde ne comprend plus désormais que 0,6 % de bouddhistes, le Bengale du Nord constituant l’un des centres toujours actifs. Cependant, tous les lieux associés à la vie du Bouddha sont toujours des centres de pèlerinage de grande influence, autant pour les hindous que pour les bouddhistes. Malgré la renaissance de l'hindouisme (XIIIème siècle), cette religion fit de Bouddha le neuvième avatar de Vishnou en tant que tel il était considérer comme un grand maître spirituel Gourou.

Si on doit retenir des faits marquants du Bouddhisme en Inde, c’est encore aujourd'hui surtout les lieux sacrés de pèlerinage de bouddhistes du monde entier. Il existe donc 4 lieux de pèlerinages très importants, notamment
• Lumbini, symbolisant le lieu de naissance du Bouddha, au Népal
• lieu de l'Éveil Bodh-Gayâ (l'Éveil)
• Sârnâth, lieu du premier enseignement dans le parc des Gazelles (près de Bénarès)
• Le parinirvâna à Kusinagara.

lieux sacrés de pèlerinage de bouddhistes

Quatre autres lieux de pèlerinages du nord-ouest au sud-est de l’Inde viennent s’ajouter aux quatre autres précités, formant ainsi le groupe des 8 lieux saints bouddhistes. Ces lieux rappellent des épisodes « miraculeux » de la vie de prédication du Bouddha. Le premier est le lieu où se produisit le grand prodige magique. À Srâvasti (Shravasti), Bouddha va y vivre le plus longtemps et dirigea 22 retraites l'été durant la saison des pluies. Le lieu est reconnu comme celui où le Maitre va commencer à réaliser une série de miracles pour convaincre les plus sceptiques.
Autre lieu de pèlerinage très important : Sankasya (Sâmkâsya. C’est l’épisode de la « Descente des cieux Tusita », Bouddha descendit du paradis de Tushita après y avoir donné durant 3 mois d'une retraite d'été, des enseignements à sa mère.
À Vaishali, pour la première fois le Bouddha donna l'ordination à des nonnes. Il reçut une offrande de miel offerte par un singe.
Enfin fermant la boucle des 8 lieux sacrés, Rajgir, Râjagriha symbolise le lieu de la soumission de l'éléphant furieux menaçant (Bouddha y enseigna la Perfection de la Sagesse et le Pouvoir de la compassion).


En 1959 au Tibet, le bouddhisme fait face à une grave crise entraînant la fuite du dalaï-lama. Le bouddhisme persécuté par les dirigeants communistes est soutenu par la révolte populaire anti-communiste anti-chinoise. Et c’est dans la terre natale du bouddhisme que le 14ème Dalaï-lama va trouver refuge. De ce fait, on observe une renaissance du bouddhisme parmi la diaspora tibétaine d’Inde, rejoint par de nombreux autres lama de différentes écoles du bouddhisme tibétain.

L'Inde accueille des réfugiés tibétains, devenant par cette voie une des plus importantes communautés (avec 100 000 personnes), un pays à l’hospitalité et à la générosité légendaire !